Le bouddhisme, ou la violence sous la robe
Publié en février 2026. Par Olivier Postel-Vinay.
En 2009, les forces de l’État sri-lankais, affilié au bouddhisme, ont tué peut-être 70 000 Tamouls hindouistes en quelques mois. Aujourd’hui au Myanmar (ex-Birmanie) les moines bouddhistes exhortent à tuer ou expulser les Rohingyas musulmans, dont un million de survivants s’entassent dans des camps en Thaïlande. La journaliste Sonia Faleiro est allée à la rencontre des bouddhistes d’Asie du Sud-Est et de leurs victimes. Elle décrit ainsi les moines birmans : « Le jour, ils parcourent les rues en criant “Rohingya go home !”. Le soir, on les voit dans les bars de karaoké, fumant et absorbés dans leurs smartphones. »
En rendant compte dans la Literary Review de ce livre « court mais puissant », l’essayiste indien Kapil Komireddi évoque le poète hindi Harivansh Rai Bachchan pour résumer les contradictions du bouddhisme. « C’est une religion instituée au nom d’un mendiant errant qui avait été un formidable contempteur de la religion institutionnalisée. Siddhartha Gautama avait voulu délivrer le peuple des rituels et de l’idolâtrie ; ses adeptes ont conçu des rituels élaborés et fait de lui une idole. Il a prêché contre tout culte transactionnel ; ils l’ont transformé en objet de culte. Il ne croyait pas aux dieux ; ils en ont fait un dieu. Il était chauve et émacié ; ils en ont fait une divinité voluptueuse ornée de boucles séduisantes, l’ont modelé dans tous les matériaux imaginables et transformé en babiole vendue à côté de tapis en peau de tigre et de cornes d’antilope. » Et pour couronner le tout, la violence déployée par les bouddhistes depuis l’Antiquité s’exerce au nom d’une religion « qui fait de l’ahimsa, la non-violence, la pierre angulaire de sa conception de l’éthique ».
