La fin programmée du Japon
Publié en mars 2026. Par Olivier Postel-Vinay.
En 2024, d’après les dernières statistiques, la population du Japon a diminué de 908 574 individus. Le dernier enfant japonais naîtra en 2720, calcule Hiroshi Yoshida, professeur à l’université Tohoku. Le taux de fécondité est en dessous du seuil de reproduction depuis 1973.
Tom Feiling a enseigné au Japon au début des années 1990, au moment où l’économie du pays était à son zénith, au point que les augures européens et américains y voyaient à la fois un modèle et une menace pour l’Occident. Revenu trente ans après, il décrit un pays qui n’est plus que l’ombre de lui-même, marqué par « un vieillissement de masse et un irrésistible sentiment de solitude ».
Après d’autres il aligne les principaux caractères de cette évolution. Une méfiance à l’égard de l’étranger, qui conduit au refus d’une immigration significative. La fréquence des mariages « sans sexe ». Le coût d’élever un enfant, dans un pays où le baby-sitting n’est pas dans les mœurs. Près des deux tiers des femmes quittent leur emploi quand elles ont un enfant. De plus, beaucoup d’hommes n’ont plus d’emploi stable et manquent de revenus suffisants pour attirer les femmes. Or celles-ci restent financièrement dépendantes de leur mari. Le Japon est à la 118e place dans le palmarès de l’écart entre les sexes établi par le World Economic Forum. Les femmes ne représentent que 1 % des cadres supérieurs.
Un livre « convaincant et bien documenté », commente le journaliste canadien Tim Hornyak, qui habite au Japon depuis 25 ans.
