Le Goethe des typographes
Publié dans le magazine Books n° 25, septembre 2011.
« Je livre ici les fruits du travail et des fatigues de toutes ces années que j’ai consacrées avec plaisir et amour à un art qui représente l’accomplissement de l’invention la plus utile de l’humanité : l’écriture. » Ainsi s’exprime Giambattista Bodoni dans le prologue de son « Manuel de typographie », dont l’Allemand Taschen propose une luxueuse réédition.
« Je livre ici les fruits du travail et des fatigues de toutes ces années que j’ai consacrées avec plaisir et amour à un art qui représente l’accomplissement de l’invention la plus utile de l’humanité : l’écriture. » Ainsi s’exprime Giambattista Bodoni dans le prologue de son « Manuel de typographie », dont l’Allemand Taschen propose une luxueuse réédition. Qui était ce Bodoni ? « Le Goethe des typographes », à en croire Susanne Gmür du Süddeutsche Zeitung. On lui doit l’invention de plus d’une centaine de polices de caractères, dont l’une porte son nom… Né en 1740 et mort en 1813, installé à Parme, ce contemporain du Français Firmin Didot et de l’Anglais John Baskerville acquit une renommée difficilement imaginable aujourd’hui : choyé des princes, des évêques et des rois, « il se vit accorder une pension à vie par Napoléon », rapporte Gmür. Son manuel fut le premier du genre. Dans son introduction, l’universitaire Stephan Füssel estime qu’il pose « les fondements de l’art typographique », fondements « destinés à perdurer deux siècles et dont les principes essentiels restent valables à l’ère digitale ».