Inattendu
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Darwin avait la main verte

Le jour de la naissance de Charles Darwin, le 12 février, est depuis quelques années devenu officiellement « le jour de Darwin », dédié à la connaissance des travaux du célèbre scientifique. Darwin est souvent présenté comme un naturaliste. Lui, utilisait volontiers le terme géologue (il avait écrit trois livres de géologie et conçu une théorie sur la formation des atolls de corail). Mais pour l’historien des sciences, David Kohn, il est avant tout un… botaniste. « Il n’y a que dans son travail avec les plantes que l’on peut vraiment voir toutes les dimensions du scientifique Darwin : le collectionneur talentueux, le théoricien puissant, l’observateur perspicace et l’expérimentateur rigoureux et quasi prophétique. », écrit-il dans Darwin’s Garden.

Issu d’une famille de fins connaisseurs des plantes, l’étudiant Darwin n’a d’ailleurs été assidu à l’université qu’aux cours de botanique de J. S Henslow. C’est ce professeur qui lui procure une place à bord du Beagle. L’histoire a retenu du tour du monde scientifique de Darwin, son observation des pinsons sur les îles Galapagos. Une étude qui l’aidera à formuler plus tard sa thèse sur la sélection naturelle. Son travail sur les plantes est pourtant celui qui lui permettra d’enfoncer le clou de sa théorie.

De retour en Angleterre et après la publication de De l’Origine des espèces en 1859, Darwin se retire dans ses jardins et ses serres. Et il en fait, selon David Kohn, une machine de guerre au service de sa théorie de l’évolution. Conscient que des travaux sur les plantes déchaineront moins les passions que des théories sur les animaux, il les utilise pour « une manœuvre de contournement ». Depuis son jardin, il bombarde ses détracteurs de nouvelles pièces à conviction encore plus convaincantes que celles présentées dans L’Origine. Il décrit d’extraordinaires structures et comportements chez les plantes, très difficiles à attribuer à un Créateur. Son arme ultime est un nouveau livre publié en 1862 : Les divers dispositifs par lesquels les orchidées britanniques et étrangères sont fertilisées par les insectes. Il y met en avant pour la première fois la coévolution des plantes et des insectes. Et explique comment la sélection naturelle a fait en sorte que les organes buccaux des insectes correspondent à la structure de leurs fleurs favorites, sujet pour lequel il se passionne jusqu’à la fin de ses jours.

En savoir plus : Darwin à l’école des fleurs, Books, février 2009.

 

 

 

LE LIVRE
LE LIVRE

Le Jardin de Darwin. Une aventure de l’évolution de David Kohn, The New York Botanical Garden, 2008

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