Voici un livre qui sait rassembler les ingrédients d’un best-seller. Le sujet : le Mossad, célébrissime service de renseignement israélien, au cœur de séries populaires comme The Spy et la toute récente Téhéran. Les héros : des héroïnes. Douze vraies espionnes, interviewées par un tandem médiatique : Nissim Mishal, journaliste vedette de la télé israélienne, et Michel Bar-Zohar, auteur de nombreux romans et enquêtes sur l’espionnage israélien. Dans leur précédent opus à grand tirage, Mossad. Les grandes opérations (Plon, 2012), ils évoquaient quelques espionnes, à l’instar de celles qui ont dérobé des secrets nucléaires iraniens et syriens. Cette fois, place uniquement aux femmes.
« Les espionnes ont souvent été présentées comme des pièges sexuels. Il était temps de mettre en lumière ces agentes, non moins efficaces que leurs homologues masculins », salue le quotidien israélien Haaretz. À chaque chapitre, une rencontre. Ainsi d’Isabel Pedro qui, dans les années 1960, a récupéré les plans du barrage d’Assouan en Égypte, ou d’Aliza Magen-Halevi qui, après une douzaine d’opérations pour le Mossad, en a été la directrice adjointe. Les entretiens, évidemment filtrés par la censure, contiennent des « détails inédits, y compris sur des opérations récentes », note Haaretz. Et le journaliste de regretter qu’« aucune mention des dilemmes et des craintes de ces femmes » n’apparaisse dans ce livre « plein de clichés ».
Il n’empêche. L’ouvrage, qui paraît ce printemps en anglais, est tendance. En Israël, où « la moitié du personnel du Mossad est féminin » selon The Jerusalem Post, « deux femmes dirigent depuis peu des services importants de l’agence ».
De même, aux États-Unis, où la CIA était supervisée par Gina Haspel jusqu’à la fin du mandat de Donald Trump. Quant au service de renseignement national, il est désormais chapeauté par Avril Haines, première femme à occuper ce poste.