Books en a déjà parlé

Qu’avons-nous fait de nos rêves ? de Jennifer Egan, traduit de l’anglais par Sylvie Schneiter, Stock, 384 p., 22 €, voir Books, n° 22, mai 2011, p. 88.

Sasha a 35 ans. Elle est l’assistante d’un producteur new-yorkais, et kleptomane. Bennie, le producteur, se met un jour à faire la liste des moments honteux de son existence : quand il a embrassé une bonne sœur sur la bouche, quand son coiffeur a trouvé des poux à son fils, quand une fille qu’il convoitait l’a surpris sur le trône. Bosco, ancienne rock star devenu obèse, organise une « tournée suicide » qui le verra probablement mourir sur scène. Comme tous les personnages du dernier opus de Jennifer Egan – acclamé par la critique américaine lors de sa sortie outre-Atlantique –, Sasha, Bennie et Bosco se posent la question du titre : « Qu’avons-nous fait de nos rêves ? » Un roman postmoderne à la chronologie éclatée et aux voix narratives multiples, qui n’est pas sans rappeler en même temps les grandes fresques du XIXe siècle.

Esquisses pour un troisième journal, de Max Frisch, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Grasset, 234 p., 17,80 €, voir Books, n° 15, septembre 2010, p. 59.

Un inédit du grand écrivain suisse, décédé en 1991. Fallait-il le publier ? La presse allemande s’était posé la question il y a deux ans et demi, lors de sa sortie outre-Rhin. Frisch ne le souhaitait sans doute pas : il avait détruit son propre exemplaire manuscrit. Mais sans doute oublié qu’il en existait un second, dicté à sa secrétaire et qui a refait surface au début des années 2000… Frisch a rédigé ces notes entre le début de 1982 et avril 1983, entre son loft de New York, sa maison suisse du Tessin et l’Égypte, où il accompagna son ami, le juriste Peter Noll, qui se mourait d’un cancer. Les réflexions sur la déchéance y occupent une large place.

L’homme, une fourmi comme les autres ?

« Il en sait plus sur les insectes sociaux que tout être humain vivant », dit de lui le biologiste Richard Dawkins. Cela, au moins, fait l’unanimité. À 83 ans, Edward O. Wilson reste l’autorité mondiale incontestée sur les fourmis. Chacun reconnaît aussi la sincérité de son engagement pour la préservation de l’écosystème. Et tous s’accordent pour admirer la clarté et l’élégance de son style écrit. Témoin de son talent de vulgarisateur, cette image tirée de son dernier livre : imaginez un paquet formé avec les dix mille trillions de fourmis qui peuplent la planète (on les a comptées, semble-t-il) ; on obtiendrait un cube d’environ 1,5 km de côté, exactement de la même dimension que si l’on regroupait les sept milliards d’humains, rangés comme des sardines.

Si Wilson s’en était tenu là, il serait le plus vénéré des scientifiques actuels. Lui qui a reçu le prix Crafoord (l’équivalent du Nobel pour les sciences de la vie) est l’un des plus beaux fleurons du système universitaire américain (il n’a pas quitté Harvard depuis son doctorat en 1955). Dawkins recommande chaudement de lire ses traités sur les insectes sociaux, notamment celui, « monumental », sobrement intitulé The Ants (« Les fourmis ») (1). Hélas, soupirent les critiques de son dernier opus, Wilson ne s’en est pas tenu là. Il a péché et récidivé, avec obstination. L’ouvrage qui l’a rendu célèbre, Sociobiologie : la nouvelle synthèse, publié en 1975, comportait un sulfureux dernier chapitre, où l’auteur passait tranquillement des insectes sociaux à l’homme. Ayant encore aggravé son cas dans un livre écrit avec le mathématicien Charles Lumsden en 1981 (2), il devint la bête noire des biologistes culturalistes – au premier rang desquels ses collègues de Harvard Richard Lewontin et Stephen Jay Gould, qui lui reprochèrent de réduire les phénomènes sociaux à des facteurs génétiques.

On croyait Wilson calmé, mais le voilà reparti en guerre, à un âge déraisonnable. Dans The Social Conquest of Earth, il entend montrer que les humains doivent à leurs capacités d’animaux sociaux d’avoir conquis le globe. Comme les fourmis ! Alternant les chapitres consacrés à l’homme et ceux dévolus aux insectes, le volume présenté par l’éditeur comme « l’explication la plus claire jamais donnée des origines de la condition humaine » s’achève par une série de chapitres courts censés répondre à des questions aussi simples que : « Qu’est-ce que la nature humaine ? », « Comment la culture a évolué », « Les origines du langage », « Les origines de la morale et de l’honneur » ou « Les origines de la religion » (que Wilson déteste).

Un peu trop pour un seul homme, si brillant soit-il, jugent des esprits aussi divers que Richard Dawkins (l’étincelant défenseur de l’orthodoxie darwinienne), Steven Mithen (aussi bon préhistorien que vulgarisateur) ou John Gray (le plus grinçant des philosophes britanniques). Il est d’abord reproché à Wilson de défendre une théorie bizarre concernant les mécanismes de l’évolution, théorie qu’il a récemment publiée dans la revue Nature, mais dont il oublie de mentionner qu’elle a été réfutée presque aussitôt par le gotha des théoriciens du secteur… Il est ensuite accusé, lourds arguments à l’appui, d’en rester à des conceptions périmées concernant la préhistoire humaine et des sujets tels que les origines du langage ou de la morale. Voilà pour les critiques scientifiques, à lire dans le mensuel britannique Prospect (Dawkins) et la New York Review of Books (Mithen). Sur le fond, la critique la plus dure vient de John Gray dans la Literary Review. Pour lui, Wilson commet la plus impardonnable des fautes : pensant que la science pourra venir à bout de l’irrationalité de la religion, il cède à la tentation d’en faire une nouvelle religion.

 

 

Pour une taxe carbone mondiale

« Les militants écologistes vont détester ce livre », croit savoir l’hebdomadaire libéral The Economist. Son auteur Dieter Helm, professeur d’économie à Oxford, préconise de substituer massivement les centrales au gaz (y compris au gaz de schiste) aux centrales à charbon – un moindre mal, admet-il, car cela revient à remplacer une énergie fossile polluante par une autre réputée moins polluante. Un tel basculement est à ses yeux l’unique moyen de réduire à court terme les émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, cet économiste influent (il a notamment travaillé pour la Commission européenne) prône l’instauration d’une taxe carbone à l’échelle mondiale, qui « permettrait aux zones déjà pourvues d’un mécanisme de fixation des prix du carbone – comme l’Union européenne avec son système d’échange de quotas d’émissions – de taxer les biens en provenance de pays où de telles mesures ne sont pas appliquées », explique Pilita Clark dans le Financial Times. En parallèle, Helm recommande de réallouer les crédits destinés à certaines énergies renouvelables, telles que l’éolien, au profit de pistes jugées plus prometteuses comme les véhicules électriques, le captage du CO2, la géothermie, « et même les technologies nucléaires », précise-t-il dans le New York Times. Rien qui n’existe déjà, relève Roger Harrabin dans le New Statesman, pour qui le besoin ne porte pas tant sur les crédits de recherche que sur les moyens d’« amener ces inventions au stade de la commercialisation ». Quant à la taxe carbone mondiale – que défendent depuis longtemps certains économistes –, les commentateurs du livre ne manquent pas de souligner à quel point sa mise en œuvre serait compliquée (comment mesurer la quantité de CO2 induite par la production d’un bien quand celui-ci « peut contenir des pièces provenant de 50 pays, avec chacune une intensité carbone différente » ?, interroge Harrabin). Mais, faute de mieux, cette idée « mérite que l’on s’y penche à nouveau », estime Clark. (Lire « Climat, qui va payer ? », Books, mars 2009).

Chroniques d’outre-tombe

Quatre histoires et quatre héros (un écrivain, sa grand-mère, son chien et son ami d’enfance) se succèdent dans le dernier opus d’Andrzej Stasiuk. Leur point commun ? Ils sont morts. L’écrivain polonais, qui excelle dans la forme courte, mène à travers eux une réflexion subtile sur l’absence, le néant et la perte. « Son livre est un voyage à travers le temps et l’espace, une tentative de saisir tout le cours de la vie en quelques cercles concentriques », précise la Gazeta Wyborcza, qui compare l’auteur à Steinbeck pour le réalisme de ses descriptions – en particulier celles du quartier varsovien de Grochów, qui donne son titre au livre. 

Le vrai visage de la Corée du Sud

Daniel Tudor, le correspondant à Séoul de l’hebdomadaire The Economist, a selon James Pearson un avantage non négligeable sur ses confrères : « Il maîtrise suffisamment le coréen courant pour travailler sans l’aide d’un interprète », lit-on sur le site Asia Times. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles son livre – une radiographie économique, sociale et culturelle de la Corée du Sud – « échappe aux écueils et clichés » du genre. Ainsi, le han, ce mélange de mélancolie, de chagrin et d’amertume érigé au rang de sentiment national dans la péninsule, est-il présenté ici avec son pendant positif, le heung, « un concept mêlant bonheur, soulagement et joie, trop souvent ignoré par la littérature anglo-saxonne sur la Corée », remarque Pearson. Dans la même veine, le livre s’étend sur le eumju-ga-mu – une pratique populaire consistant à « chanter, danser et boire en abondance », rarement mentionnée dans les guides officiels. Enfin, Tudor propose ce qui passe pour « la première enquête fouillée sur l’homosexualité dans la Corée du Sud contemporaine », en insistant sur la difficile condition des lesbiennes : « Ostracisées à la fois par les hétérosexuels et par la communauté gay masculine », elles sont selon lui autant victimes des préjugés attachés à leur sexualité que des « vestiges d’un sexisme généralisé contre lesquels se battent encore les femmes coréennes ».

Ce que disent les cartes

Les douze cartes qui composent cette « histoire du monde » par l’universitaire anglais Jerry Brotton vont de la tablette antique au logiciel Google Earth. Comme le précise le Sunday Times, chacune a « soit cristallisé une certaine vision du monde, soit changé l’attitude des gens, soit les deux ». Parmi elles, se trouve la mappa mundi de Hereford, une carte médiévale centrée sur Jérusalem qui offre, selon The Economist, une vision « magnifiquement détaillée du monde chrétien, basée sur la topographie biblique » ; mais aussi une carte coréenne du XVe siècle, où le Japon apparaît trois fois plus petit que le royaume de Choson (alors que sa superficie est en réalité près de deux fois supérieure) ; ou encore la fameuse « projection de Mercator », datant de la Renaissance, à laquelle l’Allemand Arno Peters reprocha dans les années 1970 de véhiculer une vision occidentalo-centrée du monde (cette projection dite « conforme » du globe terrestre, conçue à des fins de navigation, conserve les angles mais pas les surfaces, avec pour conséquence d’exagérer la taille des zones tempérées par rapport à celle de l’Afrique ou de l’Amérique du Sud ; pour la remplacer, Peters prônait une projection dite « équivalente » qui, elle, aboutit à une distorsion des continents africain et sud-américain). Autant d’illustrations de ce que « les cartes tendent à en dire davantage sur ceux qui les font que sur les territoires qu’elles représentent », résume The Economist.

À lire sur books.fr, un compte rendu détaillé du livre de Jerry Brotton par le philosophe Michel André.
 

Le roman du Biafra

Chinua Achebe n’avait que 37 ans et déjà une réputation d’écrivain accompli lorsque éclata la guerre qui opposa, entre 1967 et 1970, le Nigeria nouvellement indépendant à l’éphémère république sécessionniste du Biafra. Il a attendu d’en avoir 82 et une réputation de vieux sage pour livrer son récit de ce conflit qui a fait environ deux millions de morts (la plupart de famine et de malnutrition). Mais les années n’ont pas apaisé la colère du géant des lettres africaines ; comme le constate la Literary Review, « sa douleur est plus que jamais à vif ».

Pour la comprendre, il convient de rappeler les faits : en 1960, le colonisateur britannique quitte un pays profondément divisé entre le Nord musulman peuplé notamment de Yorubas et le Sud chrétien peuplé en majorité d’Ibos, plus instruits et plus riches, jalousés. En 1966, un coup d’État mené par des militaires ibos provoque un contre-coup, puis les massacres de dizaines de milliers de membres de l’ethnie à travers le pays. Les survivants se réfugient dans leur région natale, qui déclare son indépendance en mai 1967, sous le nom de Biafra.

There Was a Country est le livre de deux colères à la fois. Celle de l’intellectuel ibo qui avait cru à la nouvelle nation au point d’en devenir l’ambassadeur itinérant et de participer à la rédaction de sa Constitution, et qui ne cache pas aujourd’hui sa nostalgie pour une époque jugée exaltante… Au risque de menus arrangements avec la vérité historique, que lui reprochent de nombreux critiques, à l’instar de Paul Carlucci sur le site Think Africa Press : « Que le leader biafrais, le colonel Odumegwu Ojukwu, ait été un acteur de la première heure des dictatures militaires qui ont marqué pendant des décennies le pays n’est pas directement évoqué. De même, les allégations de violation des droits de l’homme par des soldats biafrais sont balayées par l’auteur comme simplement improbables. »

L’autre colère est celle du nationaliste nigérian, qui avait cru en l’avenir radieux du « géant africain » et qui observe, effondré, ce qu’il est advenu de ce pays « frappé par l’imbécillité politique, la médiocrité, l’indiscipline, la bigoterie ethnique, et la corruption de la classe dirigeante » – notamment, estime Achebe, en raison de la marginalisation des Ibos. De ce point de vue, ce curieux petit livre, moitié essai politique moitié Mémoires, est moins un témoignage historique qu’un avertissement : à l’heure où « une nouvelle génération dynamique se libère des chaînes du passé dans ce qui semble être le début d’une renaissance des affaires, de la politique et des arts », précise le Financial Times, « certaines des mêmes tensions religieuses, ethniques et régionales qui se sont liguées pour créer les conditions de la guerre du Biafra déchirent à nouveau l’étoffe de la fédération nigériane ». C’est sans doute parce que ce livre parle d’aujourd’hui qu’il a déclenché une aussi vive polémique au Nigeria, où certains demandent à l’écrivain des excuses tandis que d’autres le qualifient de prophète. En racontant sa guerre du Biafra, Chinua Achebe en attise les braises, mais a le mérite de rappeler que les plaies suintent encore.

Limonov contre Darwin

À 69 ans, le bad boy de l’intelligentsia russe immortalisé par Emmanuel Carrère n’a pas fini de faire parler de lui. Connu pour avoir fait les quatre cents coups dans le New York de l’âge punk, rejoint les nationalistes serbes en ex-Yougoslavie et défié Vladimir Poutine dont il est l’un des opposants les plus tonitruants, Edouard Limonov parfait une nouvelle fois sa réputation subversive (lire notre entretien dans Books, n° 27, novembre 2011). À l’instar de l’hebdomadaire Ogoniok, beaucoup voient en effet dans son dernier livre une posture « provocante et volontairement antiscientifique ». Car, cette fois, l’écrivain prend pour cible rien moins que Darwin et sa théorie de l’évolution – sans oublier le Coran et la Bible, tous textes à ses yeux incapables d’expliquer l’origine de l’homme. Et Limonov de proposer sa propre théorie. En deux mots, nous serions tous des bio-robots créés par une race supérieure d’extraterrestres, qui se nourrissent d’âmes humaines. L’auteur rompt ainsi avec la facture habituelle d’une œuvre fondée sur l’exploitation romancée de sa propre vie, pour verser dans un registre plus abstrait qui mêle « mysticisme et science-fiction » selon le site Svobodnaïa pressa. Mais, même dans ce livre d’un genre hybride qui relève plutôt de l’essai, il ne renonce pas à l’habitude de se mettre en scène lui-même dans ses récits, apparaissant ici sous les oripeaux du « coauteur » qui joue en somme le rôle de « créateur d’une nouvelle religion universelle », selon Lev Danilkine du magazine Aficha. Faut-il voir là une simple frasque de bouffon ? Certainement pas, plaide Danilkine : « “Révélations” est un nouvel épisode dans la grandiose entreprise autobiographique de Limonov. Après avoir été, dans ses livres précédents, un émigré, un amoureux transi, un poète et un rebelle, le voilà drapé dans les habits d’un mystique, d’un visionnaire, d’un Faust : tombeur des sciences et religions traditionnelles et fondateur de nouvelles théories. » 

« Motor City » respire encore

Maisons éventrées, théâtres et églises désaffectés, usines fantomatiques… les images de Detroit ont nourri ces dernières années un genre photographique à part entière baptisé « ruin porn », rappelle Will Boisvert dans BookForum. C’est armé de sa seule plume que Mark Binelli, un journaliste américain, est retourné s’installer en 2009 dans la ville de son enfance – ou ce qu’il en reste, la population de Detroit étant passée de près de 2 millions en 1950 à 700 000 aujourd’hui. Son livre, « élégant et lucide », décrit au plus près le quotidien absurde de l’ancien cœur battant de l’industrie automobile américaine : la police qui, faute de moyens, n’intervient plus que sur les cas les plus graves ; l’équipement hors d’âge des pompiers ; les 50 000 chiens errants qui hantent les rues de la ville ; et cette « écolière aux paupières lourdes, qui raconte comment elle a été tenue en éveil toute la nuit précédente par des individus qui essayaient de s’introduire chez elle par le toit »… Souvent glaçant, le récit de Binelli n’en capte pas moins « la beauté de Détroit, sa grandeur et la chaleur de sa vie communautaire au milieu du chaos », salue Boisvert. 

De l’origine des chimères

Sphinx, phénix, dragon, licorne, hydre de Lerne : le biologiste allemand Josef H. Reichholf s’est intéressé à l’origine de tous ces animaux fantastiques. Et il a fait, à en croire Harald Eggebrecht du Süddeutsche Zeitung, « des découvertes surprenantes ». « Mélange de récit de chasse au gros gibier et de thriller archéologique », l’ouvrage ne se contente pas de sources littéraires et picturales ; il explore aussi les zones géographiques et la réalité zoologique d’où sont issus ces animaux fantastiques. Ainsi, le phénix aurait-il pour modèle un volatile bien réel : le flamant rose ! Ce dernier ayant une prédilection pour les plans d’eau salés riches en nourriture (deltas, lagunes et autres lacs salés), et ceux-ci ayant tendance à connaître d’importantes fluctuations (les lacs s’assèchent, les bras des deltas se déplacent), « les flamants roses disparaissent pour ne revenir que des années plus tard, quand la situation s’est améliorée, explique Eggebrecht. Or les nids de vase qu’ils laissent derrière eux ressemblent aux cendres d’où le phénix est censé renaître, et la couleur de leur plumage n’est pas sans évoquer des flammes… ». De fait, les légendes concernant le phénix et ses variantes ont pour origine les cultures fluviales d’Asie et d’Afrique (l’Égypte du delta du Nil, notamment). Un animal résiste cependant à ce genre d’explication, note Reichhoff : le dragon. Évoqué dans des zones plutôt montagneuses qui ne connaissent ni le crocodile ni le varan, il n’a pas vraiment de modèle animal. Il s’agirait donc d’une « authentique invention humaine ».