Le mystère des hyperpolyglottes

Au XIXe siècle, le cardinal Mezzofanti était connu pour parler « soixante-douze langues. Ou cinquante. Ou trente. Personne ne connaissait le nombre exact, mais c’était en tout cas beaucoup », lit-on dans The Economist. Comme le relève l’hebdomadaire, « sa position dans la hiérarchie de l’Église permettait probablement à Mezzofanti de choisir la plupart de ses sujets de conversation et donc de s’appuyer sur des formules remâchées ». Néanmoins, « il avait manifestement un don pour les langues ». D’où vient une telle facilité ? À partir de combien d’idiomes peut-on se dire polyglotte ? Et à quel niveau de maîtrise ?

Pour répondre à ces questions, le journaliste Michael Erard est allé à la rencontre de linguistes, de neurologues, et d’un certain nombre d’« hyperpolyglottes », ainsi qu’il appelle les locuteurs de plus de dix langues (pour ce qui est des « simples » polyglottes, le consensus semble s’établir à six). L’un d’eux lui explique qu’il a appris des dizaines d’idiomes uniquement dans le but de pouvoir les lire : « On a rarement des conversations intéressantes en anglais, pourquoi voudriez-vous qu’il en soit autrement dans les autres langues ? » C’est d’ailleurs un paradoxe que souligne Erard : la communication n’est généralement pas le fort de ces surdoués. Emil Krebs, un diplomate allemand qui maîtrisait soixante-cinq langues, a ainsi refusé d’adresser un mot à sa femme pendant des mois, au motif qu’elle lui avait demandé de mettre un manteau pour sortir… Erard s’est rendu à l’université de Düsseldorf, où est conservé le cerveau de Krebs. S’il présente « plusieurs caractéristiques inhabituelles », le journaliste écarte toute explication simpliste des causes physiologiques de la bosse des langues : « Le langage procède de plusieurs parties du cerveau et aucun gène ni aucune zone cérébrale ne peut seul expliquer la facilité d’acquisition des langues », précise The Economist

Larkin : les œuvres (trop ?) complètes

Rarement l’adjectif « complet » aura mieux convenu qu’à cet imposant volume des « œuvres poétiques » de Philip Larkin. Son épaisseur surprend, eu égard au nombre relativement restreint de recueils publiés du vivant de l’auteur – l’un des grands poètes britanniques du XXe siècle. « Les trois principaux opus ne représentent que 68 des 729 pages que compte le livre. En y ajoutant les poèmes de sa période de maturité, les productions de qualité occupent 100 pages », relève Adam Kirsch sur le site Salon. Le reste, ce sont des œuvres de jeunesse et des extraits – souvent de piètre qualité – de la correspondance du poète ou de ses carnets. Un souci d’exhaustivité qui frise la manie : Kirsch trouve « frappante, et un peu comique la disproportion entre l’importance relative du texte et la quantité de travail mobilisé pour son annotation ». 

Gros plan sur Tarkovski

Pour faire court, Stalker – le dernier long-métrage réalisé en URSS par Andreï Tarkovski – est, comme l’indique le sous-titre de ce livre, « un film à propos d’un voyage vers une pièce ». C’est aussi, à bien des égards, un morceau de bravoure : une immersion de plus de deux heures trente dans un univers postapocalyptique, où une poignée de personnages semblant droit sortis du goulag cherchent une mystérieuse « chambre des désirs » pour y exaucer leurs vœux. Voilà pour l’intrigue, « dans la mesure où l’on peut parler d’intrigue » à propos d’une œuvre fondamentalement contemplative où « la caméra survole dans un mouvement d’une lenteur caractéristique des étendues de détritus détrempées d’eau », précise donc le New York Times. Un film improbable. Que dire, alors, d’un livre qui entreprend de le résumer presque plan par plan en y mêlant les réflexions personnelles et souvent décalées de son auteur, le journaliste et romancier Geoff Dyer ? Hautement périlleux, l’exercice est réussi : « La façon qu’a Dyer d’écrire sur Tarkovski avec érudition, tout en restant accessible, est admirable. Il désacralise le réalisateur, l’arrache au cénacle des cinémas d’art et essai », salue un critique du Guardian

Les illusions perdues de Nadine Gordimer

Même les inconditionnels de Nadine Gordimer l’admettent : l’écriture de la Nobel de littérature sud-africaine est devenue déconcertante. « La syntaxe chaotique de sa prose la plus récente, son phrasé troublant, obscur même, rendent sa lecture éprouvante », constate Boyd Tonkin dans The Independent. Et pourtant, les critiques sont unanimes : aujourd’hui comme hier, il faut lire Gordimer pour comprendre son pays. À bientôt 90 ans, l’auteure acclamée du Conservateur reste pour le Spectator « la conscience d’une nation ». Elle, la Blanche progressiste qui, en une quinzaine de romans, a scruté, déconstruit et dénoncé les mécanismes de la ségrégation raciale, dresse dans No Time Like the Present un tableau terriblement désenchanté.

Jabu et Steve, ses deux héros, ont passé le plus clair de leur vie adulte à combattre dans les rangs de l’ANC. Elle est la fille préférée d’un directeur d’école zulu (de confession méthodiste), lui le fils gâté (juif par sa mère) d’une famille de la bourgeoisie afrikaner. Tombés fous amoureux, ils se sont mariés alors que la loi l’interdisait encore. Et, un jour, l’apartheid a cessé. Jabu et Steve ont eu un enfant, puis deux, se sont installés dans une banlieue aisée de Johannesburg, ont trouvé un emploi stable, lui à l’université, elle comme avocate ; chacun à sa façon œuvre pour une société plus juste, en aidant des étudiants défavorisés ou en défendant des justiciables pauvres. Leur nouveau quartier a tout d’un havre de paix. Leurs voisins sont des amis, des « révolutionnaires devenus citoyens », comme eux. Ensemble, ils forment « une enclave où s’épanouit la variété humaine, un microcosme de la nation en transition », ou plutôt, précise Tonkin, « un microcosme de la fraction bourgeoise de cette nation, Noirs et Blancs confondus : car le roman montre comment la classe est devenue le principal clivage en Afrique du Sud ».

Si Jabu et Steve mènent la vie « normale » à laquelle ils ont tant aspiré, « ils sont déconcertés par les contradictions criantes de la société qu’ils ont contribué à forger », écrit David Medalie dans le Mail & Guardian de Johannesburg. Des proches se font cambrioler, d’autres sont victimes de violents « car-jackings » ; on entend parler d’un fermier blanc qui a pris un gamin noir « pour un babouin » et lui a tiré dessus ; Jabu plaide une affaire de viol commis sur une adolescente et s’interroge sur l’avenir de sa propre fille, Sindiswa ; quant à Steve, dépité par la déliquescence du savoir et de la conscience politique, il envisage d’émigrer avec sa famille en Australie.

Corruption, racisme, violence, petites et grandes lâchetés… « Le roman n’épargne rien ni personne », surtout pas ses personnages. Comme toujours chez Gordimer, ils sont frappants de complexité. « À l’époque des combats héroïques, Jabu et Steve savaient exactement qui ils étaient et ce qu’ils faisaient. Mais à présent que la bataille est finie, leur identité et les ressorts de leurs choix sont beaucoup moins clairs », observe Francine Prose dans le New York Times. Le couple doute, vacille. Sans se l’avouer, l’un et l’autre en viennent à s’interroger sur la façon dont la couleur de leur peau conditionne leurs perceptions respectives. « Il fallait tout le talent de Gordimer pour éclairer avec une telle profondeur la difficile transition dont elle et ses personnages ont été témoins », salue Prose. Son style compliqué n’est peut-être finalement qu’une manière de servir une histoire qui ne l’est pas moins. Comme l’analyse Tonkin, « la prose noueuse de Gordimer n’est certes pas la plus élégante, mais elle fait jaillir toute une dialectique de sentiments, d’idées et d’intuitions qui permet de sentir l’histoire en marche, non seulement dans les esprits, mais aussi à fleur de peau, dans la chair de chacun. Avec Gordimer, c’est le corps politique qui s’écrit ». 

Dans l’esprit d’une folle

Que ressent une personne schizophrène ? Une folle en liberté nous fait partager l’univers psychique d’Eli, une romancière atteinte de cette pathologie, qui décrit sa vie par le menu : ses souvenirs d’enfance, sa thérapie, son hospitalisation, son quotidien. « À la lecture de certains passages, on partage presque physiquement l’instabilité de sa condition », estime Jens Liljestrand dans le journal suédois Dagens Nyheter. Comme lors­qu’elle exprime sa peur que son appartement tombe du bâtiment comme un tiroir… L’héroïne ne parvient à trouver la tranquillité que dans l’écriture. Même si, trop souvent, des voix masculines contrôlent à tour de rôle son esprit. « Ce n’est pas un hasard s’il s’agit de garçons, note Cathrine Krøger dans le Dagbladet. Eli veut changer de sexe mais, comme elle se considère androgyne, elle ne sait pas encore lequel. C’est l’un des nombreux paradoxes saisissants de ce livre. » Le récit touche d’autant plus le lecteur que l’histoire fictive d’Eli fait singulièrement écho à celle, bien réelle, de l’auteure, la Norvégienne Beate Grimsrud, dont la schizophrénie est avérée. 

L’Iran au cœur des ténèbres

« Quand on ouvre Le Colonel, il faut s’attendre à certaines choses. Le temps est affreux, il pleut beaucoup et les températures sont glaciales. Les ombres s’étendent partout, la poussière recouvre ce qui apportait autrefois de la beauté au monde, les instruments de musique par exemple. L’espoir du retour du soleil est terni par la peur de ce qu’il pourrait éclairer. Les lieux où se tiennent les personnages sont étriqués, ce sont des lieux de retraite, des cachettes, des prisons, des salles de torture, des hôpitaux, des morgues. Les hommes s’épient et se craignent. On a toujours une raison d’être affligé. La détresse est sans remède. Une menace, plus ou moins latente, plane sur tout. Chacun, rongé par la solitude et les souvenirs, passe de la panique à la résignation. L’espace public se caractérise par des rues vides la nuit et pleines, le jour, d’une foule hystérique. Le vide comme la foule minent l’individu, l’oppressent et réduisent à néant toute vie sociale. » C’est ainsi qu’Eberhard Falcke présente dans Die Zeit le roman de Mahmoud Dowlatabadi Le Colonel, un chef-d’œuvre. La censure iranienne, qui en a interdit la publication, l’a reconnu auprès de l’auteur… C’est donc en Allemagne que l’ouvrage a d’abord été publié en 2009. Il sort aujourd’hui en France.

Nous sommes au début des années 1980. Une nuit, le colonel du titre est tiré de son lit par deux agents de la police politique. Ils lui annoncent que, moyennant le paiement des frais, il peut enterrer lui-même la plus jeune de ses filles – 14 ans à peine –, qui vient de succomber entre leurs mains. Tandis que le colonel erre dans la nuit afin de prendre ses dispositions pour l’enterrement, le passé resurgit : son fils cadet, tué dès 1979, peu après le début de la révolution islamique ; l’aîné, brisé par la prison et la torture à l’époque du shah, et qui végète, à la lisière de la folie, dans la cave de la maison paternelle ; l’autre fille, mariée à l’un des bourreaux du nouveau régime ; le benjamin, enfin, enrôlé dans les légions de martyrs envoyés comme chair à canon contre les Irakiens et dont le corps déchiqueté reviendra surmonté d’une tête étrangère… On découvre aussi que le colonel fut jadis l’un des partisans de Mossadegh et de ses réformes progressistes, ce qui ne l’empêcha pas d’assassiner son épouse adultère. « Émancipation et tradition, droiture et bassesse, humanité et brutalité – rien de tout cela n’est proprement distingué, tout se mêle », note Falcke. Pour le critique, « cette histoire de la destruction d’une famille reflète une autre histoire, plus générale, celle de la destruction d’un pays. »

Quitter le Ningxia

Les éditions Bleu de Chine publient six nouvelles de Li Jinxiang et Shu Shiqing, deux auteurs originaires de la province du Ningxia. « Une parcelle du monde, aride, ingrate et oubliée de tous, où pourtant des êtres aspirent à vivre et à aimer », note le site China Writer. L’exode est l’horizon des jeunes, qui croient trouver le bonheur en ville. « Li dépeint avec gravité et précision leur destin tragique, les espérances déçues de ceux qui imaginaient se trouver et ne font que se perdre », explique le magazine, pour qui « la modernité des nouvelles de Li Jinxiang réside dans cette poétique sombre, voire ténébreuse, qui fait subtilement écho à l’amertume et à la mélancolie de la jeune génération chinoise. » Shu Shiqing entre dans des détails plus sordides encore quand il nous décrit, par exemple, l’enterrement d’une femme et les réflexions de sa voisine qui se torture l’esprit pour savoir comment réclamer les cinq yuans que lui devait la défunte. 

Sur un air de Vila-Matas

Enrique Vila-Matas a la réputation d’être l’un des écrivains espagnols les plus cérébraux – « postmodernes », diront certains – de sa génération. Depuis ses débuts en 1973, il poursuit une réflexion nourrie sur la littérature et ses limites. Son roman Bartleby et Compagnie (1), pour ne citer que celui-là, mettait en scène un commis aux écritures rédigeant des notes sur les « écrivains du refus » : des auteurs qui, comme Robert Walser ou Arthur Rimbaud, ont pendant un temps plus ou moins long manifesté un refus ou une impossibilité d’écrire. Vila-Matas aime les personnages, réels ou fictifs, qui s’efforcent de n’être personne (à l’image de Bartleby, le héros de Melville, qui « préférerai[t] ne pas »). Aire de Dylan, son dernier opus, ne déroge pas à cet apparent goût pour l’échec.

On y retrouve les éléments caractéristiques de l’univers de Vila-Matas : « Le travestissement des personnages, le jeu avec le réel, des parodies savantes à la Borges, un dandysme à la Tristram Shandy, l’ombre récurrente de l’autobiographie, le traitement comique des situations de conflit et une fascination pour tout ce qui touche à la disparition », énumère le critique Jésus Ferrer dans le quotidien La Razón. Cette fois, la figure tutélaire est Bob Dylan, l’insaisissable chanteur folk : « Dylan est pour moi le paradigme de l’artiste moderne, celui qui n’a cessé de chercher de nouvelles voies, qui a toujours fait ce qu’il avait le plus envie de faire. Il ne s’ancre nulle part, il change chaque jour », explique l’écrivain dans un entretien à El País.

Le narrateur d’Aire de Dylan est un auteur prolifique, mais que cette fertilité fatigue. Sa décision est prise : il n’écrira plus. C’est alors qu’il se rend à un colloque dont le thème est tout trouvé : « L’échec en littérature ». Notre homme y rencontre un jeune cinéaste du nom de Vilnius Lancastre, qui ressemble étrangement à Bob Dylan. Vilnius est le fils de feu Juan Lancastre, un écrivain assassiné, célèbre partisan de la « culture de l’effort ». Lancastre fils a entrepris d’écrire l’« autobiographie fictive » de Lancastre père. Par ailleurs, il compile une Anthologie générale de l’échec, dont il envisage éventuellement de tirer un film. Vilnius a une ambition : devenir un champion du « rien », la figure de proue de l’inaction généralisée… Avec des amis, il a fondé une société secrète baptisée « Un petit air de Dylan ». Ses membres se piquent de n’avoir qu’une seule idée par jour et d’apprendre l’art de ne rien faire. Voilà qui interpelle le narrateur : « Il ne pourrait y avoir de meilleure histoire pour peindre l’âme moderne, l’essence de notre époque. » La retraite attendra ; il va se servir de Vilnius pour composer un livre tragi-comique dont l’intrigue policière culmine dans une épique représentation de Hamlet.

Aire de Dylan est un roman foisonnant : « Un hommage au théâtre, une apologie de la paresse, un festin d’apocryphes et d’hétéronymes, qui donne à voir la vie comme une comédie noire et le monde comme une vengeance de Hamlet », résume Ferrer. À demi-mot, les critiques se réjouissent que Vila-Matas ait un peu délaissé la veine très expérimentale de ses précédents romans, qui risquait de lasser ses lecteurs. Tout aussi réflexif – dans le quotidien catalan El Periodico, le critique Domingo Ródenas y voit le triomphe du « motif baroque du grand théâtre du monde, joint à la conscience postmoderne de la réalité comme système de simulacres » (sic) –, ce livre est aussi, écrit Jordi Gracia dans El País, « le plus romanesque des romans écrits par Vila-Matas ces dernières années ». Comprendre : il est particulièrement drôle et enlevé. Un plaisir de lecture qui semble directement découler de celui qu’a pris l’auteur à écrire : « Jamais je ne m’étais autant laissé porter par le roman. Il m’est arrivé de me surprendre moi-même ! », confie-t-il au Correo basque.

1| Christian Bourgois, 2009.

Un inédit de Kerouac et Burroughs

Un inédit de Kerouac, coécrit, qui plus est, avec Burroughs ! Les deux compères étaient encore de parfaits inconnus quand ils accouchèrent de ce texte au titre surréaliste (Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines), qui n’a rien à voir avec le contenu du livre (il s’agit d’une phrase entendue à la radio à propos d’un incendie dans un zoo…) Et les hippopotames… est le récit du meurtre de Lucien Carr par David Kammerer, tous deux amis de Kerouac et Burroughs, qui entretenaient une relation homo-érotique. Le 14 août 1944, à la suite d’une querelle passablement alcoolisée, Kammerer poignarda son compagnon, puis jeta son corps dans l’Hudson. Kerouac et Burroughs furent parmi les premières personnes à qui il confessa son crime. Ils le poussèrent à se rendre à la police mais aussi à prétendre qu’il n’avait fait que défendre son honneur face à un prédateur sexuel… L’ouvrage qu’ils ont tiré de cette histoire décrit « le milieu interlope new-yorkais pendant la Seconde Guerre mondiale, où les marginaux se mêlaient aux criminels et aux apprentis poètes », remarque Peter Carty dans The Independent. Pour le critique, « ce roman ne constitue pas de la grande littérature, mais une lecture plaisante. À cette époque aucun des deux auteurs n’avait mis au point les innovations qui allaient plus tard caractériser leur travail ». 

Cette étrange présence du passé

D’origine chinoise (de Malaisie), Madeleine Thien compte parmi les auteures les plus prometteuses du Canada. Dans son dernier roman, elle aborde l’histoire des Khmers rouges. « Le génocide cambodgien est devenu emblématique, au point d’être dématérialisé. Le livre de Thien s’évertue à nous faire revenir au réel », estime la poétesse Dionne Brand dans la Literary Review of Canada.

Tout commence par une disparition, celle du docteur Hiroji Matsui. Sa jeune collègue du Centre de recherche sur le cerveau de Montréal, Janie, mène l’enquête. Sans se douter qu’elle va ainsi faire resurgir des souvenirs longtemps refoulés. Car, avant d’être adoptée à 11 ans par une famille canadienne, Janie (qui ne s’appelait pas encore ainsi) a vécu l’arrivée des Khmers rouges à Phnom Penh et la destruction de sa première famille… Dans le Globe and Mail Charles Foran n’exprime qu’un regret : « Comme si souvent avec les romans sur la mémoire, le cadre présent, à Montréal, pâlit en comparaison du passé. »