La route du désastre italien

Il est une route en Italie qui raconte le pays mieux que ne le ferait une enquête journalistique ou un essai historique. C’est la « Statale 18 », qui donne son titre au dernier livre de l’anthropologue Mauro Minervino. Cette route, l’une des plus mortelles d’Italie, relie Naples à Reggio Calabria (dans l’extrême sud de la botte) en longeant la mer Tyrrhénienne.

Une véritable « ville », le long de laquelle fleurissent corruption immobilière, exploitation des immigrés et des prostituées, pollution des sols, de la mer et des rivières, villages-vacances et autres sex-shops. « Le privé y prévaut sur le public, le propriétaire sur le citoyen », écrit Dario Olivero dans La Repubblica. « Le voyage de Minervino éclaire l’une des plus grandes défaites culturelles et humaines de notre histoire, dont ne subsistent que des décombres au bord d’une route. »

Voyage au bout de l’ennui

David Foster Wallace appelait son troisième roman la « Longue Chose ». Il y travaillait depuis environ huit ans lorsque sa femme l’a retrouvé pendu un jour de septembre 2008 dans leur maison de Claremont, en Californie. Sur le bureau de son époux, Karen Green a retrouvé une pile de feuilles parfaitement ordonnées : des chapitres du livre que Wallace avait terminés, accompagnés de notes. « La lumière de ses lampes donnait sur cette pile, l’illuminait. Je n’ai donc aucun doute sur le fait qu’il souhaitait que le roman soit publié, même inachevé », a confié Green à l’Observer. Ce roman, tant attendu depuis la disparition de l’auteur considéré par beaucoup comme le meilleur de sa génération – « Mort d’un génie », a titré Time au lendemain de son suicide –, est enfin paru aux États-Unis. Rares sont les publications qui n’en ont pas fait état. La plupart en ont profité pour rendre un énième hommage à cet écrivain dont l’Amérique semble comme orpheline, ainsi que le constatait D.T. Max dans le New Yorker en 2009 : « Wallace n’avait que 46 ans lorsqu’il s’est tué, ce qui permet d’expliquer le sentiment de perte ressenti par les lecteurs et les critiques. Entre aussi en jeu la formidable passion de l’écrivain pour la chose imprimée à une époque où celle-ci semble avoir besoin de virtuoses. »

Le mythe wallacien doit beaucoup à Infinite Jest, son deuxième roman, paru en 1996. Au cœur de cette intrigue complexe, un film si captivant que ceux qui le visionnent se laissent mourir devant leur écran. The Pale King explore une thématique diamétralement opposée : celle de l’ennui, un ennui tel qu’il peut donner envie de se tuer. « Le livre démontre que, pour Wallace, mourir de distraction et mourir d’ennui constituaient les deux faces d’une même pièce », analyse Michiko Kakutani dans le New York Times. Le décor est planté dans un centre des impôts du Midwest, au milieu des années 1980. Des agents s’y attellent à des tâches infiniment monotones et rébarbatives, dont aucun détail n’est épargné au lecteur – Wallace lui-même ne s’est pas économisé dans sa phase de recherches, allant jusqu’à suivre des cours de comptabilité et explorer les arcanes du système fiscal américain. Le roman ne recule devant aucun procédé pour assommer son lecteur, l’entraîner au plus profond de l’ennui. Ainsi, ce chapitre proprement hallucinant que cite la New York Review of Books : une description, d’un seul tenant, sans paragraphes, de personnages en train de tourner des pages. « Olive Borden tourne une page. Sandra Pounder tourne une page. Matt Redgate tourne une page et en tourne une autre presque immédiatement après. Latrice Theakston tourne une page… »

« Wallace semble s’être lancé, à lui-même et à ses lecteurs, un défi sadomasochiste : un roman dévolu au sujet le moins attrayant du monde, écrit Sam Anderson dans un autre article du New York Times. Et pourtant, il parvient à en extraire une véritable intensité. Les impôts se révèlent une matière parfaite pour Wallace, en ce qu’elle synthétise la plupart de ses obsessions et angoisses : ennui contre divertissement, devoir contre plaisir, complexité contre simplicité, communauté contre intérêt personnel, attention contre distraction. »

« Ce que nous avons sous les yeux suggère, en dépit de son caractère décousu, inconsistant, inabouti […], qu’il y avait au minimum un bon livre à tirer de ce matériau brut », estime pour sa part un critique du Times. Mais Wallace cherchait certainement à produire davantage qu’un « bon livre ». « The Pale King devait indiquer aux gens un chemin pour s’isoler de la frénésie toxique de la vie américaine », explique D.T. Max. Et ce chemin, comme celui du salut, pouvait selon Wallace passer par l’ennui, salvateur pour peu qu’on ne s’y noie pas : « Accordez de l’attention à la chose la plus fastidieuse qui soit pour vous (déclaration de revenus, golf à la télé), et déferlera un ennui comme vous n’en avez jamais connu, qui vous emportera et vous tuera presque. Surmontez-le, et il vous semblera que vous passez du noir et blanc à la couleur. Comme de l’eau après des jours dans le désert. Une félicité constante dans chaque atome. »

Chercheur de folk

« Sans Alan Lomax, les Rolling Stones n’auraient pas existé, affirme The Independent. Keith Richards et Mick Jagger ont baptisé leur groupe d’après la chanson du bluesman Muddy Waters, que le musicologue avait découvert et enregistré dans le Mississippi, en 1941. » Cela faisait dix ans à l’époque que cet « ethnomusicologue », collectionneur de sons pour la Bibliothèque du Congrès, sillonnait le sud des États-Unis – souvent au côté de son père John, célèbre folkloriste – dans un van transformé en studio d’enregistrement. La ségrégation faisait rage et il essayait de convaincre les musiciens noirs de partager leurs chansons.

Dans la biographie qu’il lui consacre, l’anthropologue John Szwed raconte comment Lomax est parvenu à faire sortir le blues et les ballades traditionnelles des plantations, des juke-joints (ces clubs typiques du Sud américain) et des prisons. Il revient sur sa rencontre décisive avec le guitariste Leadbelly dans un pénitencier de Louisiane. « ému aux larmes » par sa musique, Lomax le mènera au succès […] s’appropriant au passage une partie de ses droits d’auteur. Un épisode controversé sur lequel Szwed ne s’étend pas suffisamment au goût de certains critiques. Tout comme il occulte la mégalomanie du personnage, persuadé, selon un spécialiste cité par le Guardian, que « la culture folk avait besoin d’êtres supérieurs comme lui pour exister ».

Elles disent toutes non !

La vie s’écoule paisiblement à Stellar Plains, dans le New Jersey, jusqu’au jour où une jeune prof du lycée décide de faire jouer Lysistrata d’Aristophane à ses élèves. Aussitôt, les habitantes de cette banlieue fictive perdent toute envie de faire l’amour. « Dans la pièce d’Aristophane, les femmes sont persuadées de poursuivre un noble objectif en se refusant à leur mari : mettre fin à la guerre du Péloponnèse, explique le New York Times. Mais dans le roman de Wolitzer, elles ne sont pas influencées par la rhétorique ; elles sont ensorcelées par un mystérieux vent froid qui souffle dans leurs maisons, sous leurs jupes, et se fraye un chemin jusque dans leur cœur. »

A travers cette trame narrative loufoque, la romancière explore le rôle de la passion et du sexe dans les relations amoureuses, les moyens de ne pas les laisser s’éteindre. « Un récit enchanteur, du début à la fin », applaudit le quotidien. 

Kafka au bureau

Larsen revient, après cinq ans d’exil, à Santa María, où il rencontre et séduit Angélica-Inés. Le père de celle-ci, Jeremías Petrus – « le vieux », comme le surnomment ses employés pour se moquer –, lui propose un poste dans l’entreprise dont il est le propriétaire. Une entreprise fantôme, vide, le « chantier » du titre. Larsen est nommé directeur général. Sous ses ordres : Gálvez, le directeur administratif, et Kunz, directeur technique, tous deux complices d’une farce grotesque, employés d’une entreprise qui ne produit rien et se résume à des installations poussiéreuses et aux titres pompeux de ses salariés.

Dans Le Chantier, le chef-d’œuvre kafkaïen de Juan Carlos Onetti que réédite Gallimard, « tout le jeu de l’entreprise consiste à maintenir les apparences », explique le professeur de lettres et consultant en ressources humaines argentin Jorge B. Mosqueira dans le quotidien La Nación. « Chacun fait semblant : semblant de respecter ses chefs, semblant de croire aux projets, parce que ne pas le faire impliquerait de montrer la réalité comme elle est, avec le risque de perdre son travail. »

Zoom sur quelques tribus d’Afrique

Les tribus me fascinent. Les Africains que je questionne souvent sur ce sujet semblent toujours surpris, et peut-être même gênés, de cet étrange intérêt. Je dois leur expliquer que dans les contrées où je vis, nous avons des familles, des nations, des religions, des minorités – bref, largement de quoi nous déchiqueter –, mais que nous avons perdu depuis des siècles la dimension tribale, et toute ses implications culturelles, politiques, sociologiques, linguistiques, religieuses, rituelles, économiques, culinaires, et que sais-je encore…

Il y a peut-être 3 000 tribus en Afrique. Comme il faut bien choisir, voici d’abord les Bagandas, 6 millions de personnes, qui occupent une vaste portion du sud de l’Ouganda, entre le lac Victoria et le Nil. À vrai dire, il s’agit plus d’une nation, très organisée, dont le territoire était déjà traversé de belles routes rectilignes avant la colonisation. Les Bagandas ont un roi, le Kabaka, et des institutions qui dupliquent exactement celle de l’État ougandais, ce qui provoque des difficultés récurrentes (ainsi, les émeutes qui eurent lieu à l’occasion des récentes élections). Du haut de sa colline à Kampala, Mungo Hill, le Kabaka toise avec méfiance le gouvernement civil du président Musuveni, établi sur une colline voisine. Sur une autre colline, face au palais royal, siège le Lukiiko, le Parlement du peuple Baganda, dans un bâtiment qui est la parfaite réplique tropicale de Westminster, avec même un Speaker en perruque poudrée. Le gouvernement civil ougandais parle avec dédain « d’institutions culturelles ». Mais Kadhafi, perpétuel fauteur de troubles, ne ménageait pas son soutien à ces royautés africaines dont il se prétendait le représentant suprême.

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À l’autre extrême du spectre, et au sud du continent, la Namibie offre un éventail de tribus petites, mal loties, mais encore bien ancrées dans de fortes traditions et des modes de vie immémoriaux. Ce sont d’abord les tribus « d’origine », présentes dans la région avant que les Bantous n’aient commencé à déferler depuis l’équateur, il y a cinq ou sept millénaires : les Sans (Bushmen), et leurs cousins Namas. Ceux-ci se perçoivent comme les ancêtres de l’Afrique, et peut-être même de l’humanité.

Une langue originelle de l’humanité

Ils parlent une des fameuses langues à clic, qui utilisent, en plus des sons usuels du langage, plusieurs dizaines de phonèmes formés non par la langue mais avec les lèvres, les dents, le nez, les joues, le palais, la gorge – claquements, sifflements, succions, aspirations ou expectorations diverses. On a pu récemment montrer, génétique à l’appui, que ces curieux bruits de bouche seraient la trace d’une langue originelle de l’humanité, celle des chasseurs du néolithique qui voulaient communiquer entre eux sans effaroucher le gibier, et dont seuls les derniers chasseurs-cueilleurs d’Afrique auraient gardé l’usage. Les Bushmen, jugés impropres au travail et à la colonisation, ont frôlé l’extermination (un ami anglais a retrouvé, dans les papiers de son arrière-grand-père, un permis pour une campagne de chasse en Afrique du Sud : entre les kudus et les buffles, figurait l’autorisation de tuer deux bushmen). Aujourd’hui, sédentarisés de force dans les recoins les moins propices du Botswana, d’Afrique du Sud, de Namibie ou d’Angola, les Sans et leurs semblables végètent…

Les Namas, et les Hereros, les deux grandes tribus namibiennes historiques, ont elles aussi côtoyé l’extinction : elles ont fait l’objet d’un proto-génocide allemand au début du XXe siècle, sorte de répétition générale avec camps de concentration et d’extermination par le travail (lire Books n° 20). Aujourd’hui, marginales dans leur propre pays, ces deux tribus défendent laborieusement leurs traditions et leurs droits ancestraux.

Impossible de quitter ce florilège namibien sans mentionner une branche des Hereros qui occupe la zone nord-est du pays et sud de l’Angola : les Himbas (photo), célèbres pour leur vie pastorale et leurs habitudes vestimentaires. Alors que les femmes Hereros sont généralement coiffées majestueusement de cornes de vaches en tissu et vêtues d’amples robes colorées, leurs cousines Himbas vont à peu près nues, leur corps spectaculaire enduit d’un mélange d’ocre et de beurre, seyant mais très odorant. Elles passent des heures à s’apprêter, mais le résultat est là.

La malle au trésor

Six ans avant L’île au trésor, en 1877, Robert Louis Stevenson avait déjà imaginé une histoire d’île déserte, de batailles navales, de larcins et de tempêtes. Mais La Malle en cuir, roman censé présenter l’idéal de société bohème de l’écrivain écossais, ne fut jamais terminé. Et il aura fallu attendre 130 ans pour que l’écrivain français Michel Le Bris déniche, en 1990, le manuscrit en Californie. Il décide alors de le traduire et d’achever le récit en ajoutant sept chapitres aux neuf déjà existants. Un travail qui lui prendra vingt ans.

Dans le roman, des étudiants de Cambridge quittent l’Angleterre pour construire un monde conforme à leur philosophie bohème. « Dans une lettre de 1877, Stevenson décrit l’histoire comme absurde et très drôle. La malle est un élément comique ; tout le monde essaie de la voler », rapporte le Herald Scotland. Et puis plus rien. Stevenson part en Amérique, se marie, laisse tomber le manuscrit. Rien là de très étonnant, rappelle pour sa part le Sunday Herald : « Quand il s’agit de commencer des livres et de ne pas les finir, Stevenson est imbattable. » Michel Le Bris, lui, a une autre théorie : « La période dramatique qu’il a vécue à l’étranger, où presque tout le monde l’a abandonné, a marqué les adieux de Stevenson à sa vie de bohème », explique l’écrivain dans un entretien au Herald Scotland.

Le grand roman du rock

« Le rock est un sujet diablement alléchant pour les romanciers, explique Ludovic Hunter dans le Financial Times. Il explore des thèmes consistants : les obsessions, la masculinité, la maturité et offre un accès fictionnel facile au sexe et à la drogue. De nombreux romans sur le rock ont donc été écrits, mais les réussites sont rares. » Celui de Don DeLillo, Great Jones Street, en fait-il partie ? La critique est partagée.

Dans ce roman publié en 1973, l’auteur américain raconte l’histoire de Bucky Wunderlick, un rockeur de 26 ans « cramé et bouffé par les tentations, qui se terre dans une piaule minable de New York pour retrouver l’envie d’aller de l’avant », raconte le New York Times. DeLillo dit s’être intéressé à la façon dont on survit à une idée de mort. Mais le Sunday Times doute de la portée de l’histoire : « L’écriture est tellement opaque que l’épisode du décès de la petite amie de Bucky est aussi insignifiant que l’agonie d’un insecte. Pourtant, trente ans après sa parution, le roman a gagné la réputation d’être le meilleur jamais écrit sur le rock. Peut-être parce qu’une œuvre de qualité sur le sujet doit être déjantée, opaque et ne pas vraiment porter sur la musique. »

20 % de popularité

Un niveau de popularité tombé à 20 % ou un peu plus n’est pas forcément dramatique. Certes, c’est celui qu’avait atteint George W. Bush quand il quitta la présidence en 2008, mais, comme il le fait remarquer dans ses Mémoires à propos de Harry Truman, « l’homme du Missouri savait prendre une décision difficile et s’y tenir. Il faisait ce qu’il estimait devoir faire et ne se préoccupait guère de ce qu’on en disait. Quand il quitta ses fonctions en 1953, sa cote était tombée dans les 20 %. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des grands présidents des États-Unis ». Ce passage est cité dans une critique élogieuse du livre de Bush, signée dans The Spectator par Christophe Meyer, ancien ambassadeur britannique à Washington.

La division espagnole de Hitler

22 juin 1941. L’Allemagne déclenche l’opération Barbarossa et engage une bataille sans merci contre l’URSS. Bien que Franco ait déclaré l’Espagne « non belligérante », quelques chefs militaires décident d’envoyer des soldats soutenir le Reich sur le front de l’Est. Le régime franquiste n’a pas oublié l’aide allemande reçue pendant la guerre civile, et espère étendre son territoire en cas de victoire nazie. Des milliers de volontaires s’engagent dans ce qui va devenir la división Azul, la division Bleue. Ils partent avec une consigne – rayer la Russie de la carte – et une certitude – l’ennemi est bolchevique, juif et maçonnique. Entre 1941 et 1944, la división Azul va enrôler près de 50 000 hommes, dont 5 000 ne reviendront pas. Ses soldats jurent fidélité au Führer et sont placés sous les ordres de la Wehrmacht.

Qui étaient ces hommes, et pourquoi s’engagèrent-ils aux côtés de l’Allemagne ? Que savaient-ils de la guerre en cours, et des atrocités nazies ? Pour le comprendre, l’historien Jorge M. Reverte s’est plongé dans les archives de l’époque, et a lui-même refait le voyage de Madrid à Moscou. Sa démarche n’est pas uniquement historiographique. La división Azul est pour Reverte une affaire de famille : son propre père y a combattu. De là vient peut-être l’extrême attention qu’il porte dans son ouvrage aux trajectoires individuelles. La División Azul est « un livre d’histoire, mais avant tout d’histoires, d’expériences individuelles racontées par fragments », constate l’historien Julián Casanova dans El Pais. Reverte s’intéresse autant aux idéologues phalangistes qu’à ceux qui, comme son père, voulaient surtout faire oublier d’anciens engagements républicains ; autant aux grandes figures qu’aux travailleurs pauvres attirés par une solde régulière en ces temps de misère. Leur point commun : « Ils étaient possédés par une fièvre combattante et destructrice héritée de la guerre d’Afrique [la guerre coloniale menée par l’Espagne contre le Maroc entre 1859 et 1860], difficilement compréhensible aujourd’hui », estime l’auteur dans un entretien avec l’agence de presse espagnole EFE.

En chemin vers la Russie, ces combattants vont découvrir des villes en ruines, des prisonniers de guerre maltraités, et des Juifs assassinés ou déportés vers les camps. La culpabilité des membres de la división Azul ne fait aucun doute aux yeux de Reverte. À aucun moment ils ne refusent d’obéir aux officiers allemands, contrairement aux soldats fascistes italiens qui n’appliquent parfois pas les consignes antisémites nazies, rappelle-t-il dans un autre article d’El Pais.

Après 1944, « ceux qui étaient partis en héros reviennent sur la pointe des pieds, pour ne pas déranger les Alliés qui sont en train de gagner ». Le père de Reverte devient journaliste et se mure dans le silence, « traumatisé », rapporte son fils, d’avoir collaboré avec le régime hitlérien. Mais jamais il ne manifestera de repentir. Il considérait que l’épisode de la división Azul « faisait partie de son destin ».