Les Sopranos sont de retour

En 1998, le roman Les Sopranos de Alan Warner 1 annonçait « une décennie de frayeur autour de la “Binge Britain” », alors que se répandait la mode des cuites express, rappelle le Herald Scotland. Le romancier fait se retrouver ses héroïnes – une bande d’ados écossaises en goguette – dans son nouvel opus. Chacune a suivi sa route : les unes à la fac de Londres ou d’Édimbourg, les autres dans leur immuable petite ville natale. Loin des frasques adolescentes, « la mobilité sociale est le véritable sujet cette comédie de mœurs », estime le Financial Times. Et Warner « traite la question de façon subtile ».

Faut-il avoir peur de Tariq Ramadan ?

L’islamisme est-il le nouvel ennemi global des démocraties ? La question tenaille l’Amérique depuis la chute de l’Empire soviétique, et domine la scène depuis le 11-Septembre. Alors que les déboires irakien et afghan conduisent aujourd’hui le pays à s’interroger sur les périls de cette tentation conflictuelle, le nouveau livre de Paul Berman arrive à point nommé. Cet intellectuel de gauche, connu pour avoir soutenu la guerre d’Irak, cultive ici sa veine combattante en s’en prenant aux intellectuels. Et provoque un débat animé.


« Berman réaffirme sa vision d’un monde fondamentalement coupé en deux, estime le philosophe John Gray dans The National. Cette division s’incarnant dans les deux figures de Tariq Ramadan, l’universitaire musulman suisse, et Ayaan Hirsi Ali, l’écrivain et militante féministe d’origine somalienne. Ces deux personnalités sont emblématiques, à ses yeux, d’un conflit radical qui ne laisse nulle place à l’ambiguïté ni au doute – une lutte entre le “mauvais” islamisme et le “bon” héritage des Lumières. » Sous son masque de réformateur éclairé, Tariq Ramadan est pour Berman le cheval de Troie de l’islamisme en Europe : un « loup islamiste en costume Dolce & Gabbana », résume Thomas Meaney dans BookForum.

Ayaan Hirsi Ali, elle, est célébrée pour avoir osé rejeter l’islam et endosser les valeurs laïques des Lumières, au risque de sa vie ; elle est la victime de cette « fuite des intellectuels » qui donne son titre au livre (au premier rang desquels l’essayiste Ian Buruma et l’historien Timothy Garton Ash), accusés de rester aveugles à la menace et de ne pas apporter à la jeune femme le soutien infaillible qu’elle mérite. « Les passages les plus bouleversants sont ceux où l’auteur témoigne de ses rencontres avec les innombrables intellectuels harcelés et pourchassés pour avoir offensé quelque mollah radical », écrit Ron Rosenbaum, sur le site Slate.com. À l’évidence, Berman touche des cordes sensibles.


La plupart des critiques saluent son analyse fouillée de l’influence du nazisme sur l’idéologie islamiste. « L’accusation n’est pas sans fondement », écrit l’historien Malise Ruthven dans la New York Review of Books, rappelant que la charte du Hamas fait toujours référence au Protocole des sages de Sion, ce faux « que les nazis ont adopté et propagé ». Mais la grande majorité des critiques refusent de suivre l’auteur plus avant dans sa volonté de construire une nouvelle bipolarité, mettant aux prises les démocraties et un totalitarisme islamique personnifié par Tariq Ramadan.

Ils lui reprochent le ton inquisitorial de son propos sur l’intellectuel musulman, accusé en quelque sorte de crime familial. Certes, son grand-père, Hasan al-Banna, a fondé les Frères musulmans, dont son père était aussi un responsable important, mais cela autorise-t-il à faire de cette ascendance le ressort unique de sa pensée, comme le fait Berman en affirmant que « ses relations familiales semblent façonner tout ce qu’il écrit et tout ce qu’il fait » ? Non, estime le politologue Andrew March, en rappelant dans The American Prospect à quel point Tariq Ramadan s’est affranchi du discours de ses aïeux : « Le petit-fils de l’homme qui a dit “le Coran est notre Constitution” dénonce page après page la superficialité et la nocivité de cette perspective. »


D’une manière plus générale, les commentateurs reprochent à Berman de faire de l’islamisme un monolithe, synonyme du terrorisme. À l’unisson de Ruthven, qui considère le livre « grossièrement idéologique », John Gray dénonce sans ambages un ouvrage écrit en noir et blanc, souvent au mépris des faits. Il disqualifie en particulier la démarche qui consiste à opposer radicalement islamisme et Lumières : « L’ouvrage passe sous silence l’influence formatrice du léninisme, l’un des courants les plus radicaux de l’idéologie laïque occidentale, sur les islamistes radicaux. Berman élude ainsi le fait que la philosophie des Lumières elle-même a nourri des traditions qui ne peuvent qu’être décrites comme totalitaires. » 

Louise de Prusse, la reine démystifiée

Elle mesurait 1,74 m et chaussait du 41. On l’apprend dans une exposition où sont présentés, outre-Rhin, certains de ses vêtements. Deux cents ans après la mort de Louise de Prusse, le nombre invraisemblable de robes conservées témoigne du culte dont elle a très vite fait l’objet en Allemagne. Épouse de Frédéric-Guillaume III, elle se distinguait par sa beauté et ses vertus maternelles (elle donnera naissance à dix enfants en dix-sept ans). Quand la Prusse fut écrasée par Napoléon, en 1806, elle incarna la résistance nationale. Sa mort prématurée en 1810, à l’âge de 34 ans, en fit une martyre.


Dans une biographie vite propulsée sur la liste des meilleures ventes du Spiegel, l’historien Daniel Schönpflug fait la part de la légende et de la réalité. Alors que Louise est souvent présentée comme une reine non conventionnelle, proche de son peuple, il montre qu’elle ne remit jamais en cause ni l’ordre social, ni l’étiquette de la cour. Quant à son image de guerrière germanique, elle aurait été « forgée a pos­teriori », note la Süddeutsche Zeitung, quand la Prusse victorieuse de la France en fit le symbole de son redressement. 

=> Comparer les articles Universalis et Britannica sur la Prusse.

L’étrange défaite

Réfugié à Paris pour échapper à la guerre civile espagnole, un journaliste sévillan réputé, Manuel Chaves Nogales, y a un écrit un ouvrage devenu classique sur le drame de son pays, « À feu et à sang » (1937). Sur quoi il assista à la décomposition du paysage politique français, à la défaite de 1940 et à la manière dont le pays s’est livré à l’Allemagne nazie. Il en tira un livre de grande qualité, curieusement inconnu en France, que l’éditorialiste Juan-José López Burniol compare, dans le quotidien La Vanguardia, à L’Étrange Défaite de Marc Bloch.

Publié à Montevideo en 1941, le livre ne fut pas traduit et fut publié pour la première fois en Espagne en 2001. Cette nouvelle édition est saluée comme un événement par la presse espagnole. Dans El País, Luis Fernando Moreno Claros, traducteur de Nietzsche, y voit un « modèle journalistique d’analyse politique et sociale ». Dans un texte par ailleurs fourmillant d’anecdotes savoureuses, écrit Moreno Claros, l’auteur explique « pourquoi l’une des nations les plus cultivées d’Europe s’est couverte d’ignominie au lieu de défendre les sacro-saintes valeurs des Lumières instaurées par sa Révolution ».

=> Comparer les articles Universalis et Britannica sur l’armistice de 1940 entre la France et l’Allemagne.

Le merveilleux réalisme mexicain

« L’authenticité, en littérature, n’est pas une vertu morale mais esthétique. Est authentique celui qui narre ce qu’il connaît et connaît les limites de sa narration », écrit dans Letras libres, Rafael Lemus. Pour le critique mexicain, l’écrivain David Toscana – dont le roman Un train pour Tula vient de paraître en France aux éditions Zulma – est un exemple de cette authenticité : « Son monde est circonscrit à la région du Mexique qu’il habite et qu’il dépeint quasi à nu, tout juste parée de simplicité. De deux mots, jamais il ne choisit le plus complexe ; de deux phrases, jamais la moins vivante. »


Un train pour Tula reprend, dans ce style dépouillé, trois histoires en une : celle de Juan Capistrán, orphelin voué à une vie donquichottesque, en quête d’aventure et d’héroïsme ; celle de Froylán Gómez, désespérément amoureux d’une femme imaginaire ; et celle de Tula, ville mexicaine condamnée à mourir. « Tous les éléments du réalisme mexicain sont là : le village, la buvette, la frustration, le sordide. Le talent de Toscana, c’est d’être si merveilleusement réaliste qu’il parvient à réinvestir tous les lieux communs du réalisme et en révèle encore les infinies possibilités créatives. » 

Une enfance séquestrée

Jack vient d’avoir 5 ans. Il adore les gâteaux et le dessin animé Dora l’exploratrice ; il déteste les haricots verts et ne croit pas ce qu’il voit à la télévision, qui reflète pour lui un monde imaginaire. Le monde, pour Jack, c’est la « Pièce » : une remise insonorisée où il vit avec « Ma », sa mère ; quelques mètres carrés qui l’ont vu naître et dont il n’est jamais sorti ; des mètres carrés désignés, comme tout ce qui l’entoure, par un nom sans article défini : « Pièce », « Lucarne », « Placard », « Lit » sont autant « de cubes assemblés pour former son univers », écrit Susanna Rustin dans le Guardian.

Jack, le narrateur du septième roman d’Emma Donoghue, fait écho à nos pires cauchemars, ceux que ravive parfois un fait divers sordide : le cas de l’Autrichienne Elisabeth Fritzl, séquestrée et violée vingt-quatre ans durant par son propre père, ou celui de Jaycee Lee Dugard, retrouvée en Californie dix-huit ans après son enlèvement. Comme elles, Ma a été kidnappée. Elle avait 19 ans. Comme elles, elle a porté et élève l’enfant de son bourreau. « Que fait une matière potentiellement si macabre et voyeuriste dans les mains d’une romancière réputée pour l’originalité de ses œuvres et l’élégance de son style ? », commence par s’interroger Nicola Barr dans The Observer. L’auteure irlandaise est pourtant catégorique sur son site : Room n’est « ni un livre d’horreur, ni destiné à faire pleurer dans les chaumières ».


« L’histoire de Jack est plus que celle d’une survie, confirme Barr. Elle agit comme une étude du développement de l’enfant et démontre le pouvoir du langage ; elle est une sorte de poème célébrant la maternité et l’amour parental. » Car Ma s’acharne à donner l’éducation la plus normale possible à son fils, se préservant ainsi des abîmes de la folie. Les repas à heure fixe, les exercices physiques, les chansons, les histoires ont rendu supportable une existence abjecte, narrée avec des mots d’enfants. Jack raconte comment, les soirs où « Old Nick », le kidnappeur, vient abuser de Ma, il compte les grincements du lit, enfermé dans le placard qui lui sert de chambre. Et comment, les jours où Ma « est partie », plongée dans la dépression, il reste assis, désœuvré. Une nouvelle épreuve débute lorsque Ma et Jack parviennent à s’échapper : il faut affronter la complaisance des uns, la curiosité malsaine des autres et le nécessaire relâchement d’un lien mère-fils excessivement serré.


« Progressivement, comme des voyageurs du Moyen Âge propulsés dans la modernité, ils commencent à s’adapter », note Declan Hughes dans The Irish Times, qui salue une œuvre « puissante, passionnante ». Il se trouve peu de voix outre-Manche pour le contredire : les réserves exprimées çà et là (sur l’incongruité du relatif équilibre mental de Jack, ou une seconde partie un peu moins intense que la première) sont à peine audibles dans le concert de louanges qui accompagne la sortie du livre. Room est aux yeux de Barr « un roman qui ne ressemble à aucun autre ». 

Colonie israélienne

Alors qu’après la fin d’un bref moratoire les travaux de construction reprennent dans des implantations israéliennes de Cisjordanie, tournons-nous vers Wikipédia pour en savoir plus. Le principal article en français (lu le 29 septembre 2010) porte l’intitulé « colonie israélienne ».

Le mot « colonie » est bien sûr récusé par les Israéliens, ce que l’article précise d’emblée, de manière quelque peu redondante. Le premier paragraphe contient en effet cette première phrase : « Le terme « implantation » est utilisé par le gouvernement israélien pour les désigner, mais ne correspond pas à une dénomination admise selon le droit international » (ici, curieusement, la seule référence, fournie par la note 1,  est un article d’un numéro de la revue Hérodote, non daté). Le second paragraphe contient cette phrase : « Le gouvernement israélien, quant à lui, refuse le terme de « colonies » [en italiques dans le texte] et parle le plus souvent d’  « implantations » [sans italiques] ». Le paragraphe s’achève en résumant les motifs avancés par Israël pour utiliser ce terme.

Pour les références, le lecteur est renvoyé à  la note 2, ainsi formulée : « Par exemple, lire les Itinéraires [sic, au pluriel] de Paris à Jérusalem, François René de Chateaubriand puis Odes à Sion, Juda Halevi, puis The Innocents Abroad, Mark Twain et puis finalement Histoire des Juifs en terre d’Israël… ». Là, on arrête la lecture, car on se heurte aux caractéristiques habituelles de tant d’articles de Wikipédia : un pot-pourri mal digéré rédigé par des amateurs. On aura d’ailleurs été alerté par la mise en garde classique qui apparaît on-line mais disparaît quand on imprime : « Cet article ne cite pas suffisamment ses sources ». La mise en garde est datée de septembre 2008, ce qui laisse augurer un problème de mise  jour. De fait, bien que l’article ait subi une « dernière modification » le 27 juillet 2010, il ne contient aucune donnée postérieure à 2006.

Il faut croire que sur un sujet comme celui-là, la version française de Wikipédia n’est pas un enjeu.

Il en va différemment de la version anglaise. Le blogueur américain Robert Mackey rendait compte l’été dernier (20 août 2010, The Lede) d’un témoignage recueilli à la radio israélienne sur un séminaire tenu à Jérusulem sur l’art et la manière d’éditer les articles de Wikipédia en anglais de façon à faire valoir la cause sioniste. Le séminaire était suivi par 80 personnes. L’un des organisteurs est Naftali Bennett, directeur du Yesha Council, qui représente les colons israéliens en Cisjordanie. Le Yesha Council a annoncé un prix pour le « meilleur éditeur sioniste », la personne qui dans les quatre ans à venir incorporera le plus de changements « sionistes » dans l’encyclopédie en ligne. Le gagnant aura droit à un voyage en ballon au-dessus d’Israël. Wikipédia, une colonie israélienne méconnue.

24 faits & idées à glaner dans le numéro 16

1) Le Vatican a servi de paradis fiscal à la classe politique italienne et permis le blanchiment d’argent sale.

=> Lire « Pays au bord de la crise de nerfs »

2) La traite des Noirs ? Nous n’avons pas fait beaucoup mieux que les Arabes et les Africains eux-mêmes. En revanche, nous avons inventé l’abolition de l’esclavage.

=> Lire « Bruckner est-il masochiste ? »

3) La mondialisation rend encore plus difficile d’empêcher la technologie de faire progresser le niveau de vie des gens.

=> Lire « « L’humanité poursuit sa marche au progrès » »

4) C’est la « disposition à troquer et échanger » (Adam Smith) qui explique le décollage de l’espèce, parce qu’elle a rendu la culture sexuelle et accéléré l’évolution culturelle.

=> Lire « « L’humanité poursuit sa marche au progrès » »

5) Si l’on pouvait faire un test objectif, on ne verrait pas de différence sensible entre l’intelligence des individus aujourd’hui et à l’époque de Cro-Magnon.

=> Lire « « L’humanité poursuit sa marche au progrès » »

6) Dans une université d’élite, écrivait Thoreau, « l’enseignement le plus précieux est gratuit : c’est celui que l’étudiant obtient en côtoyant les plus cultivés de ses contemporains ».

=> Lire « Les métamorphoses de Facebook »

7) « Les entreprises les plus perturbatrices n’écoutent pas leurs clients », affirme 
Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. .

=> Lire « Les métamorphoses de Facebook »

8) L’avènement du christianisme éclipsa l’idéal classique de l’amitié en décourageant les attachements personnels intenses. Le cœur devait se tourner vers Dieu.

=> Lire « « Ami », vous avez dit « ami » ? »

9) Les réseaux sociaux en ligne préfigurent une transformation des relations sociales aussi profonde que celle provoquée naguère par l’invention du langage.

=> Lire « « Ami », vous avez dit « ami » ? »

10) Selon le sociologue Robert N. Bellah, nous pratiquons une amitié thérapeutique, s’interdisant les jugements de valeur.

=> Lire « « Ami », vous avez dit « ami » ? »

11) Les réseaux on line se sont développés sur le terrain d’une solitude aggravée.

=> Lire « « Ami », vous avez dit « ami » ? »

12) Le temps passé en face à face peut être considéré comme une interaction à haut débit.

=> Lire « « Ami », vous avez dit « ami » ? »

13) 75 % des recruteurs américains déclarent être tenus de faire une recherche en ligne sur les candidats.

=> Lire « La bataille pour le droit à l’oubli »

14) Dans le Web 3.0, les gens seront jugés, évalués et notés en fonction non pas de leur solvabilité mais de leur sérieux en tant que bons parents, bons petits amis, bons employés, bons baby-sitters ou bon assurés.

=> Lire « La bataille pour le droit à l’oubli »

15) Selon une étude de l’université de Berkeley, 88 % des 18-22 ans pensent qu’il devrait exister des lois obligeant les sites à effacer des données stockées sur les personnes.

=> Lire « La bataille pour le droit à l’oubli »

16) Au XVIIe siècle, la richesse de la cour moghole en faisait un mécène sans équivalent 
en Europe et dans le monde.

=> Lire « Les passions de Shah Jahan »

17) La justice réparatrice, en vigueur dans les sociétés traditionnelles, est fondée sur l’idée que les criminels doivent aussi s’efforcer de réparer le mal fait aux autres.

=> Lire « Une Américaine contre le désastre carcéral »

18) La France a sept fois moins de détenus pour 100 000 habitants que les États-Unis.

=> Lire « Une Américaine contre le désastre carcéral »

19) Le livre de Jerry Fodor, L’erreur de Darwin, a nourri un volume de commentaires sans précédent depuis la parution de L’Origine des espèces, en 1859.

=> Lire « La faille du darwinisme »

20) « Des concepts comme “volonté du peuple”, “véritable volonté du peuple” ont depuis bien longtemps cessé d’exister à mes yeux » (Max Weber).

=> Lire « N’idéalisons pas la démocratie »

21) Les Mémoires de guerre de Charles de Gaulle et les Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand révèlent une crainte commune des effets uniformisateurs de la démocratie.

=> Lire « De Gaulle, entre Chateaubriand et Astérix »

22) La charte du Hamas fait toujours référence au Protocole des sages de Sion, un faux propagé par les nazis.

=> Lire « Faut-il avoir peur de Tarik Ramadan ? »

23) À qui dois-je m’identifier lorsque je dis « je suis un produit de mon cerveau » ?

=> Lire « Ce cerveau qui nous gouverne »

24) « La race aryenne est destinée à triompher », déclarait Winston Churchill en 1900.

=> Lire « Churchill côté pile »

Le mot du mois

« Je crois bien aussi moi-même que l’humanité finira par triompher, mais je crains qu’en même temps le monde ne devienne un grand hôpital, dans lequel les uns seront les charitables garde-malades 
des autres. »

Goethe, Voyage en Italie, 27 mai 1787.

Le père de Conan Doyle

Le médecin écossais était hanté par la figure de son père, un artiste alcoolique invétéré, qui buvait du vernis à meubles quand il ne trouvait pas d’alcool et se déshabilla une fois dans la rue pour vendre ses vêtements. Cinquante-six volumes, près de 11 000 pages, voilà l’œuvre de Conan Doyle enfin réunie, pour la joie des inconditionnels de Sherlock Holmes et la surprise de beaucoup, tant est grande la variété des genres. Il se dégage de cette prose une vision très pessimiste du monde, écrit Jonathan Barnes dans le Times Literary Supplement.