Un matin de janvier 1800, un être mystérieux surgit des bois, dans l’Aveyron. De la taille d’un garçon de 12 ans, une chemise déchirée pour tout vêtement, cette étrange créature semblait indifférente au froid hivernal et inconsciente de sa nudité. Elle grognait mais ne parlait pas et mangeait voracement, tirant les pommes de terre du feu à mains nues. Pour des raisons évidentes, on l’appela l’« enfant sauvage de l’Aveyron ».
En pleine époque des Lumières, sa découverte nourrit une polémique considérable parmi les philosophes et les éducateurs. Était-ce un exemple du « bon sauvage » de Rousseau, non corrompu par les contraintes sociales qui avaient étouffé l’Europe des siècles durant ? Le garçon allait-il apprendre à parler et se prendre en charge à mesure que ses talents innés se révéleraient, comme l’Émile de Rousseau ? Ou, pour suivre John Locke, était-il une page blanche attendant d’être écrite par un enseignement de qualité et une pédagogie intelligente ?
La flamme de l’enseignement inspiré brille toujours à Hollywood
Jean Marc Gaspard Itard, un médecin parisien, entreprit de répondre à ces questions. Il adopta l’enfant et le baptisa Victor. Avec patience et persévérance, il s’employa à le civiliser, en usant de méthodes qu’il jugeait progressistes. Il conçut des jeux pour l’encourager à « découvrir » comment lire et parler ; il l’emmena en sorties d’études, notamment au zoo pour lui enseigner le nom des animaux. Itard pensait qu’un environnement stimulant, une éducation éclairée et un professeur dévoué suffiraient à compenser les dommages subis par Victor durant ses années de solitude dans les bois.
Malheureusement, Itard échoua. Victor apprit un seul mot : lait. Au bout de cinq ans, le maître et l’élève se séparèrent. Jusqu’à sa mort, Victor fut confié aux bons soins de la gouvernante d’Itard. Il était incapable de retourner dans les bois, mais ne put jamais s’adapter à l’univers urbain de Paris. Le triste destin de Victor remit en question l’efficacité des méthodes d’enseignement d’Itard. Mais les pédagogues modernes l’ont rétrospectivement absous, attribuant la faute à Victor, que son « autisme » ou ses traumatismes auraient rendu incapable d’apprendre (1).
La conviction qu’un professeur dévoué peut transformer la vie de ses élèves a conservé une forte emprise sur l’imaginaire collectif. La figure du « lad o’ pairts », adolescent qui sait profiter d’un enseignement inspiré pour s’élever au-dessus de sa condition, était répandue dans la littérature écossaise du XIXe siècle, et trouve toujours un écho aujourd’hui.
La flamme de l’enseignement inspiré continue ainsi de brûler ardemment à Hollywood. Esprits rebelles, Le Cercle des poètes disparus et des dizaines d’autres films racontent la même histoire : un professeur inexpérimenté mais optimiste arrive dans une nouvelle école, et tombe instantanément en enfer. Les élèves sont renfrognés et apathiques, quand ils ne jettent pas le mobilier par la fenêtre. Le nouveau venu ne trouve nul réconfort auprès de ses collègues, dont l’épuisement confine au cynisme, ni auprès du principal, bouffon incompétent ou inadapté social, c’est selon. Mais le nouveau professeur rempli d’espoir persévère, abandonnant le programme au profit de méthodes plus primesautières (monter sur les bureaux pour réciter de la poésie, par exemple). À la fin du film, il est métamorphosé, et les étudiants encore en vie entrevoient un avenir plus radieux grâce aux initiatives aussi originales qu’héroïques de cet enseignant exceptionnel.
C’est du cinéma. Dans la vraie vie, il n’y a pas de happy end pour la plupart des enfants enfermés dans le huis clos quotidien de l’école. Reste que ces films font valoir un argument important : la qualité de l’enseignant est le principal ingrédient de la réussite scolaire. Or, convaincre des gens motivés, énergiques et créatifs de renoncer à des boulots prestigieux dans la finance ou le conseil juridique pour enseigner dans des écoles aux performances médiocres, c’est ambitieux mais pas impossible. Deux programmes novateurs, « Teach for America » [lancé en 1990] et son équivalent britannique, « Teach first » [inauguré en 2002], ont réussi l’impensable : rendre séduisants les métiers de l’éducation. En 2008, on comptait 25 000 candidats diplômés pour 3 700 postes à pourvoir dans le cadre de « Teach for America », issus des universités les plus prestigieuses : 11 % des diplômés de Yale et 9 % de ceux de Harvard ont postulé. En Grande-Bretagne, 5 % des étudiants en dernière année d’Oxford se proposaient au même moment de rejoindre « Teach First ».
Les recrues n’ont pas besoin d’avoir étudié les sciences de l’éducation. Elles suivent une formation intensive avant d’être envoyées dans des écoles, tout en bénéficiant d’un système de tutorat et d’une formation professionnelle quand elles commencent à enseigner (ceux qui souhaitent poursuivre après les deux premières années doivent suivre le cursus de formation des professeurs). Ces projets sont fondés sur le pari qu’il existe des jeunes de talent suffisamment idéalistes pour différer leur début de carrière et rendre à la société ce qu’elle leur a donné. Et ils le lui rendent bien : les élèves de ces recrues obtiennent de bons résultats.
Les premiers enseignants de « Teach for Australia », conçu sur ce modèle et lancé en 2009, seront envoyés dès 2010 dans des écoles défavorisées du Victoria [la région de Melbourne]. Les chefs d’établissement s’en réjouissent. Mais, à elles seules, ces recrues ne sauraient bouleverser la donne.
Figure majeure de « Teach for Australia », Noel Pearson reconnaît dans Radical Hope que des professeurs charismatiques et brillants peuvent obtenir des résultats extraordinaires, même dans les institutions reculées et démunies qui accueillent les enfants aborigènes. Mais il regarde la réalité en face : ces individus seront toujours rares ; et, selon toute vraisemblance, ils ne représenteront jamais la majorité des enseignants, ni dans les communautés indigènes isolées, ni nulle part ailleurs. Pearson n’en pense pas moins que même les élèves des pires écoles peuvent réussir, avec ou sans enseignants d’exception.
Rejetant les faux-fuyants, il reste attaché à une conception de l’éducation centrée sur l’acquisition des compétences, ces compétences qui, une fois maîtrisées, deviennent le socle de la créativité. Sa conviction n’est fondée sur aucune théorie ésotérique, mais sur son expérience auprès des indigènes de la péninsule du Cap York. Pour lui, l’espoir doit être ancré dans le monde réel, tant les attentes irréalistes nourrissent la déception et la colère en cas d’échec. Témoin ces récents titres de journaux : « Les écoles des zones reculées ont un taux d’échec record » ; « L’enseignement de l’anglais condamné à l’échec » ; « L’école échoue à instruire ». Il ne faut donc pas s’étonner de voir le gouvernement travailliste de Kevin Rudd en appeler à une révolution scolaire. Mais, avant de sonner la charge, il faut essayer de diagnostiquer précisément le problème. Nous disposons, heureusement, de données de qualité.
Les enfants des milieux défavorisés ont deux ans et demi de retard
Depuis 2000, l’OCDE mène tous les trois ans l’enquête Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves). Le dernier rapport a révélé une baisse des performances des élèves australiens, mais le pays reste au-dessus de la moyenne en sciences, en mathématiques et en lecture, parfois même très au-dessus de la moyenne. Voilà pour la bonne nouvelle. Passons à la mauvaise : l’écart entre les enfants des familles culturellement favorisées (celles qui lisent des livres, vont au musée et au concert) et ceux des familles de faible niveau socioculturel est plus accusé en Australie qu’au Canada, en Finlande, en Irlande, en Corée du Sud, au Japon et en Suède, pays dont les enfants obtiennent également de bons résultats aux tests internationaux. Dans certaines matières, les élèves australiens de milieux défavorisés affichent un retard de deux ans et demi par rapport aux élèves des familles socialement et culturellement bien dotées.
Mais une analyse plus approfondie des données Pisa révèle que le seul milieu social ne suffit pas à prédire les résultats scolaires d’un enfant ; tout dépend aussi de l’établissement qu’il a fréquenté. Quel que soit leur milieu d’origine, tous les enfants réussissent mieux si les élèves de l’école viennent en majorité de familles riches et éduquées ; et tous obtiennent de moins bons résultats s’ils sont scolarisés dans un établissement composé essentiellement d’enfants défavorisés.
En d’autres termes, en matière scolaire, l’argent compte. Soit directement – les familles riches peuvent payer cours de soutien, livres et visites au musée –, soit indirectement, puisqu’il détermine dans une large mesure le type d’écoles fréquenté. Nous essayons de l’ignorer (l’Australie est l’un des rares pays de l’OCDE qui refuse de dévoiler quels sont les enfants du privé et quels sont les enfants du public parmi ceux qui participent à l’enquête Pisa), mais personne n’est dupe. Les parents australiens savent parfaitement que les écoles privées d’élite et les écoles publiques pratiquant la sélection sont celles qui obtiennent les meilleurs résultats.
Le fossé scolaire n’est pas d’invention récente : dans l’Angleterre du XIXe siècle, les futurs aristocrates étudiaient à Eton en haut-de-forme et queue-de-pie, tandis que les élèves pauvres croupissaient dans des écoles comme Dotheboys Hall, la lamentable institution du Nicolas Nickleby de Charles Dickens. Mais que l’on trouve de pareils extrêmes en Australie aujourd’hui est une honte nationale. Des institutions d’élite dotées de tous les équipements imaginables côtoient les piètres établissements de grande banlieue et les écoles rurales mal entretenues. Avec, en bas de l’échelle, les lieux décrits par Helen Hughes dans Lands of Shame [« Terres de honte »] : les écoles misérables des communautés indigènes reculées, qui manquent non seulement de toilettes, mais aussi de crayons, de gommes, de papier et de livres.
Le taux d’abandon scolaire est en Australie supérieur à celui de nombreux pays de l’OCDE, et les élèves aborigènes échouent deux fois plus que les enfants blancs. Pour nombre d’entre eux, l’école n’est guère qu’une halte sur la route de nulle part. Dépourvus de compétences monnayables sur le marché du travail, ils rejoindront bientôt la première file de demandeurs d’emploi. Cette tragédie est plus qu’une simple affaire d’argent. Elle pose la question de nos priorités nationales. Nous n’accomplirons pas notre véritable destin tant que chaque Australien, riche ou pauvre, bien portant ou handicapé, blanc ou noir, n’aura pas l’opportunité de développer tout son potentiel.
Quelle est la solution ? Les neuf auteurs de Education, Science and Public Policy. Ideas for an Education Revolution [« Éducation, science et politique publique. Idées pour une révolution de l’éducation »] soulignent que les contribuables australiens consacrent moins d’argent à l’éducation que ceux de nombreux autres pays, en particulier au niveau de la petite enfance. Et tous pensent que nous devrions dépenser plus ; le gouvernement semble d’ailleurs du même avis. Au titre du récent plan de relance, le contribuable australien s’est mis à dépenser une fortune pour les écoles, via la construction de nouveaux gymnases, de salles et de bâtiments administratifs, aussi bien dans les établissements publics que privés.
Augmenter le salaire des profs, oui, mais comment ?
Mais aucun des auteurs de ce livre ne considère prioritaires les dépenses d’infrastructure. L’essentiel est à leurs yeux de miser sur des enseignants plus nombreux et mieux payés. Parce que la qualité du professeur est un facteur décisif, et que des salaires plus élevés attireront les meilleurs candidats vers les carrières de l’enseignement. L’argument n’est pas sans logique. Même si elle a été revalorisée de temps en temps, la rémunération des enseignants confirmés du public n’a cessé de régresser par rapport à celle des autres diplômés. Il n’est pas si simple de contrecarrer cette évolution. L’importance même du corps enseignant rend prohibitive la moindre hausse de salaire. Accorder dix dollars de plus par semaine à chaque professeur du public coûterait des centaines de millions par an ; accorder cent dollars coûterait des milliards. Dans ces conditions, le plus rationnel est de réserver les augmentations aux enseignants les plus performants. Mais ce type de mesure serait plus facile à appliquer si les directeurs d’établissements publics avaient la même latitude que ceux des écoles privées pour recruter, licencier et fixer les salaires.
Quoi qu’il en soit, une nouvelle politique salariale ne produira pas à elle seule le bouleversement attendu dans le monde de l’éducation : les revenus des enseignants ne constituent qu’une partie du problème. Comme le rappelle Jennifer Buckingham dans Schools of thought [« Écoles de pensée »], la Finlande, championne des enquêtes Pisa, ne paie pas royalement ses professeurs. Mais le pays semble avoir réussi à faire de l’enseignement une carrière séduisante pour des diplômés de haut niveau, grâce au prestige du statut et à la qualité des conditions de travail.
À la différence des auteurs de Education, Science and Public Policy, Jennifer Buckingham ne voit donc pas dans l’augmentation des salaires enseignants l’alpha et l’oméga de la révolution scolaire. À ses yeux, cette révolution passe par trois changements fondamentaux. D’abord, définir des critères de réussite clairs pour les établissements, susceptibles de faire l’objet d’évaluations indépendantes et publiques. Deuxièmement, accorder aux parents la liberté de choix des écoles. Troisièmement, transférer le contrôle des établissements du pouvoir central au pouvoir local. Ces trois réformes se complètent. Des évaluations publiques permettraient aux parents d’identifier les mauvaises écoles ; la liberté de choix leur permettrait d’inscrire leurs enfants dans de meilleures institutions (à condition, bien sûr, que les aides suivent les élèves dans leur nouvelle école) ; et le contrôle local inciterait chaque établissement à se montrer plus innovant et plus à l’écoute des besoins de la communauté. Ensemble, ces changements produiraient un système compétitif, où les écoles seraient obligées de rivaliser d’excellence.
Répétons-le, les familles les plus riches ont déjà le choix de l’école. Elles peuvent envoyer leurs enfants dans des établissements privés ou acheter des maisons dans le périmètre de recrutement des meilleurs établissements publics. Comment peut-on soutenir qu’il ne faut pas étendre ce droit de choisir aux familles plus modestes ? Voilà à l’évidence une politique absurde, qui consiste à dire que seuls les responsables de l’éducation et les enseignants savent quelle école est la meilleure pour les enfants, sauf quand les parents ont de l’argent.
Les professionnels – et les syndicats enseignants en particulier – ne sont pas d’accord avec ce raisonnement. Le libre choix parental, disent-ils, dépouillerait certaines écoles de leurs meilleurs éléments, n’y laissant que les élèves à problèmes. Ils s’opposent aussi à la publication des résultats des établissements, au prétexte qu’ils reflètent une réalité complexe et doivent être interprétés en fonction du contexte : la performance d’une école dépend du milieu familial des enfants, des ressources disponibles, etc. Qui plus est, cette transparence mettrait certaines écoles, et leurs élèves, dans l’embarras.
Vive la discipline ! George Harrison jouait à s’en faire saigner les doigts
Ces arguments en faveur du secret n’ont absolument aucune valeur. Bien sûr, les résultats doivent être interprétés dans leur contexte, mais ce n’est pas une raison pour garder l’information secrète. Il faut simplement la présenter avec tous les codicilles nécessaires. L’argument de l’embarras est tout aussi fallacieux. Si une école échoue à instruire ses élèves, ce sont les professeurs et non les enfants qui doivent en être gênés.
Même si le libre choix parental total reste une perspective lointaine, le gouvernement fédéral a annoncé son intention de rendre publics les résultats des établissements. C’est un pas de géant. Mais ni l’information publique, ni le choix de l’école ne feront beaucoup de différence là où on en a le plus besoin : dans les écoles isolées, rurales et défavorisées. Comme Helen Hughes le montre, nous savons déjà que beaucoup d’entre elles mènent leurs élèves à l’échec et que le libre choix n’a aucun sens dans leur cas : il n’y a tout simplement pas d’autre option. Améliorer l’efficacité de ces écoles défie toutes les idées simples.
Dans Radical Hope, Pearson explique ce qu’il faut faire de façon captivante et très personnelle. Conscient que la plupart des professeurs ne sont pas des superstars hollywoodiennes, capables d’inventer des méthodes d’enseignement brillamment efficaces, il évoque la réussite de méthodes d’apprentissage empiriques, comme celles développées par Siegfried Engelmann, de l’université d’Oregon, et Multilit, le programme de lecture mis au point par Kevin Wheldall, de l’université Macquarie de Sydney. Ces procédés obligent les élèves à acquérir certaines compétences de base par une pratique répétitive. Comme le souligne Pearson, il n’y a rien là de sensationnel. Il rappelle notamment la règle du succès en dix mille heures popularisée par le journaliste américain Malcolm Gladwell : les gens qui excellent dans une discipline ont tous pratiqué au moins dix mille heures avant d’atteindre leur niveau (2). Cette nécessité de pratiquer sans relâche est d’ailleurs universellement admise chez les pianistes de concert, les stars du sport, les champions d’échecs et les neurochirurgiens ; George Harrison jouait de la guitare jusqu’à ce que ses doigts saignent… Pourtant, pendant de longues années, certains pédagogues se sont convaincus que l’apprentissage de la lecture pouvait se faire sans effort, comme dans les films. Aussi incroyable que cela paraisse, certains le pensent encore.
Pas de chemin facile vers la lecture
Certes, les enfants issus de milieux culturellement favorisés, avec des maisons pleines de livres, apprendront probablement à lire quoi qu’il se passe à l’école. Mais, assène Pearson, pour la plupart, en particulier les gosses issus de familles peu cultivées, il n’existe pas de chemin facile vers la lecture ; seuls comptent l’acharnement au travail et la pratique. Et le fait qu’on ne puisse changer leur milieu social ou leur environnement culturel ne signifie pas que ces enfants soient incapables d’apprendre. Pearson condamne la condescendance de ces pédagogues qui continuent d’utiliser les « situations difficiles de leurs élèves socialement défavorisés comme alibi de la défaillance de l’école ». Il étrille de la même façon la notion d’éducation « culturellement appropriée » pour les Aborigènes, parce qu’il respecte trop cette culture pour accepter de la voir servir de prétexte à l’absence d’ambition scolaire.
Quant à l’idée de dissimuler les performances des écoles pour ne pas embarrasser les enfants, elle laisse Pearson de marbre. Pour lui, l’estime de soi ne naît pas avec ce genre de stratégie, ni en organisant le passage automatique en classe supérieure, ni en décourageant l’ardeur au travail des enfants. L’estime de soi naît du succès, et le succès naît de la discipline, de l’assiduité et de bonnes habitudes de travail. Bien sûr, certains élèves viennent de milieux difficiles, et les Aborigènes ont été persécutés – beaucoup le sont toujours –, mais ces enfants sont condamnés si on les encourage à se voir comme des victimes impuissantes. En la matière, la plus belle revanche est la réussite.
Ce texte est paru dans The Australian Literary Review le 7 octobre 2009. Il a été traduit par Marie-Morgane Le Moël.