En 2010, la Coupe du monde de football se déroulera pour la première
fois sur le continent africain, en Afrique du Sud plus précisément. Le
gouvernement et la Fédération internationale de football (FIFA) ont mis
en avant les effets positifs de l’événement pour le développement et
l’image du pays. C’est cette perspective radieuse que remet en question
le livre récemment publié par le Conseil sud-africain pour la recherche
en sciences humaines, Development and Dreams. Outre la construction
d’équipements dédiés, « l’Afrique du Sud a dû fournir des garanties en
matière d’immigration, de contrôle des changes et de fourniture
d’électricité pour satisfaire aux exigences de la FIFA », précise
Christopher Merrett, auteur d’une critique du livre dans The Witness.
Coût total du projet : 30 milliards de Rand (2,7 milliards d’euros),
dix fois plus que le budget initialement alloué à l’événement. Une
aberration au regard des prévisions les plus optimistes sur les effets
bénéfiques de la Coupe, qui évoquent une croissance du PIB de 0,94% et
la création de 50 000 emplois. Ce déséquilibre fait dire à Christopher
Merrett que « la FIFA représente une nouvelle forme de colonialisme et
mine la souveraineté nationale ». Les auteurs Development and dreams
soulignent notamment que les délais imposés par l’organisation ont
empêché une planification urbaine intelligente.
Tout n’est pas noir pour autant. « Les lieux de retransmission de tous
ordres prévus pour le public pendant la compétition pourraient
améliorer les relations sociales et l’esprit de communauté », insiste
Merrett. Et l’amélioration du réseau de transports pourrait limiter
enfin la toute puissance des chauffeurs de taxi. Surtout, les auteurs
rappellent que l’événement est susceptible de « réduire
l’afro-pessimisme et d’inciter le monde à regarder le continent d’un
œil neuf ». Cette image positive aurait rapporté 890 millions d’euros à
l’Allemagne – pays organisateur de la Coupe du monde 2006 –, « mais le
bénéfice pour l’Afrique pourrait être inestimable », conclut-il.