« Comment les Beatles ont détruit le rock’n’roll ». Tel est le titre provocateur d’une récente contre-histoire de la musique pop en Amérique. Le musicien Elijah Wald y balaye cinquante ans d’évolution musicale, des années 1920 aux seventies, avec l’ambition de redonner toute leur place à certaines figures oubliées.
Parmi elles, Perry Como. Contemporain d’Elvis aujourd’hui méconnu, il fut pourtant l’un des chanteurs les plus populaires de son époque. Autre star ressuscitée : le jazzman Paul Whiteman. C’est lui qui commanda à Gershwin la célèbre Rhapsody in Blue. Sacré roi du jazz par son public dans les années 1920, Whiteman fut ensuite mis à l’index par les historiens et les critiques. Son tort ? Avoir aseptisé une musique originellement noire en voulant conquérir une plus large audience. Ce qui fait s’interroger Peter Keepnews dans le New York Times : pourquoi Whiteman est-il critiqué pour avoir fait avec le jazz la même chose que les Beatles avec le rock quarante ans plus tard ? Car, pour Wald, les quatre garçons de Liverpool ont contribué à transformer des rythmes dansants et universels en une musique plate jouée par des Blancs, pour des Blancs. Wald lui-même admet que « l’analogie [entre Whiteman et les Beatles] est loin d’être parfaite », rapporte Keepnews. Mais si le livre n’a pas provoqué chez ce dernier « une envie soudaine d’échanger [sa] copie de l’album Revolver [des Beatles] contre une réédition de Whiteman », il lui a beaucoup donné « à réfléchir ».
Lire : l’article du New York Times