La gloire usurpée des Beatles

« Comment les Beatles ont détruit le rock’n’roll ». Tel est le titre provocateur d’une récente contre-histoire de la musique pop en Amérique. Le musicien Elijah Wald y  balaye cinquante ans d’évolution musicale, des années 1920 aux seventies, avec l’ambition de redonner toute leur place à certaines figures oubliées.
Parmi elles, Perry Como. Contemporain d’Elvis aujourd’hui méconnu, il fut pourtant l’un des chanteurs les plus populaires de son époque. Autre star ressuscitée : le jazzman Paul Whiteman. C’est lui qui commanda à Gershwin la célèbre Rhapsody in Blue. Sacré roi du jazz par son public dans les années 1920, Whiteman fut ensuite mis à l’index par les historiens et les critiques. Son tort ? Avoir aseptisé une musique originellement noire en voulant conquérir une plus large audience. Ce qui fait s’interroger Peter Keepnews dans le New York Times : pourquoi Whiteman est-il critiqué pour avoir fait avec le jazz  la même chose que les Beatles avec le rock quarante ans plus tard ? Car, pour Wald, les quatre garçons de Liverpool ont contribué à transformer des rythmes dansants et universels en une musique plate jouée par des Blancs, pour des Blancs. Wald lui-même admet que « l’analogie [entre Whiteman et les Beatles] est loin d’être parfaite », rapporte Keepnews. Mais si le livre n’a pas provoqué chez ce dernier « une envie soudaine d’échanger [sa] copie de l’album Revolver [des Beatles] contre une réédition de Whiteman », il lui a beaucoup donné « à réfléchir ».

Lire : l’article du New York Times

Le roman du siècle par Chico Buarque

« Eulálio d’Assumpção, aristocrate ruiné de Copacabana, issu de la
grande bourgeoisie des fazendas de l’intérieur brésilien, gît sur un
lit d’hôpital. Il a 100 ans. Au soir de sa vie, le vieillard loquace
monologue avec une infirmière muette, dépositaire improvisée de ses
Mémoires. »
Voilà comment l’écrivain carioca Reinaldo Moraes résume, dans le Jornal
do Brasi
l, Leite derramado (« Lait renversé »), le quatrième roman du
célèbre chanteur Chico Buarque. Une semaine à peine après sa parution,
le livre se classait déjà en tête des ventes du pays, et toute la
presse y voit le bestseller de l’année 2009.
Car « lire ce livre, c’est tenir le Brésil tout entier dans ses mains
», s’enthousiasme Moraes : la saga familiale contée par Eulálio met en
scène l’histoire moderne du pays. Au gré des divagations de cet esprit
sénile, marqué par un atavisme esclavagiste, on traverse la royauté et
l’empire, la république et la dictature. En croisant de savoureux
personnages : l’arrière-arrière-petit-fils d’Eulálio, trafiquant de
drogue de haut vol ; sa mère, aristocrate élitiste et hautaine qui
méprise quiconque se trouve un centimètre au-dessous d’elle sur une
échelle sociale caduque ; son père, sénateur de la vieille République,
cocaïnomane adepte des bordels parisiens et dilapidateur chronique de
la fortune familiale.
« Ce livre se lit avec un plaisir tant littéraire qu’intellectuel,
précise Reinaldo Moraes. Car, dans ce roman, Chico Buarque, fils de
l’un des plus grands historiens du pays, a convoqué tout l’héritage de
la sociologie brésilienne des années 1950. Autoritarisme débridé d’une
élite née de l’exploitation de l’esclavage, racisme latent qui gangrène
la société : dans une langue délicieusement démodée, le chanteur met en
scène toute la théorie culturelle brésilienne dans le plus pur jeu
littéraire. »

Columbine : autopsie d’un massacre

Dix ans après, la fusillade de Columbine, dans le Colorado, fascine
encore les États-Unis.  Le 20 avril 1999, Eric Harris et Dylan Klebold
tirent sur les élèves et les professeurs dans la cafétéria de leur
lycée. Ils poursuivent ensuite leur équipée sanglante dans
l’établissement, faisant treize morts et vingt-et-un blessés, avant de
se donner la mort.
Il y eut depuis des fusillades plus meurtrières aux Etats-Unis, mais
celle de Columbine a ceci de particulier que les deux assassins ont
chacun tenu un journal intime pendant plus d’un an. Ils y consignaient
la haine qu’ils vouaient au monde, planifiant leur crime dans les
moindres détails.
L’un des premiers journalistes à arriver sur la scène du drame, Dave
Cullen, fut aussi l’un des derniers à en repartir, après plusieurs
années d’enquête. Il publie aujourd’hui le fruit de ses recherches.
Objectif : démythifier l’événement et démonter les idées reçues qui se
sont  installées à son propos dans l’imaginaire collectif.
Les assassins ont souvent  été présentés comme deux souffre-douleurs
gothiques, désireux de se venger de leurs persécuteurs. Faux, rétorque
Cullen. Dylan Klebold aurait été dépressif, victime de ses propres
démons, tandis qu’Eric Harris se révèle un véritable psychopathe,
incapable de ressentir ni empathie, ni amour, ni remords. Les accès de
colère de Klebold stimulaient Harris, le cerveau du massacre, froid et
calculateur. Ce dernier aidait son acolyte lunatique à patienter. Les
deux tempéraments étaient donc parfaitement complémentaires.
Les psychiatres qui ont analysé leurs écrits, ainsi que l’enquête menée
auprès des proches de Klebold et Harris, permettent à Cullen de dresser
le portrait glaçant de deux jeunes tueurs. Les « récits de souffrance
aussi directs et horrifiants que celui-ci paraissent toujours un peu
voyeuristes, écrit Gary Krist dans le Washington Post, mais Cullen
trouve le juste équilibre entre rigueur et compassion, en évitant de
sermonner, de tomber dans le mélodrame, ou de donner des réponses trop
faciles ».

L’article du Washington Post 

Celui de
Slate

Le Français et le mandala

Raza est un peintre indien passé par la France, une bourse lui ayant
permis de suivre l’École des beaux-arts de 1950 à 1953. Ayant atteint
la soixantaine, il se tourna vers l’une des plus anciennes traditions
sacrées de l’Inde, les mandalas, représentations graphiques destinées à
nourrir une méditation de nature religieuse.
Le romancier et essayiste Olivier Germain-Thomas s’est emparé de ce
sujet pour présenter l’œuvre et la pensée de Raza, dans un livre
aujourd’hui traduit en anglais pour le public indien. « Qu’est-ce
qu’une sensibilité de Français apporte à notre compréhension de Raza ?,
demande Chitrapu Uday Bhaskar dans le quotidien The Hindu. Pour moi,
c’est la texture de la langue, une certaine spécificité culturelle qui
exalte sans être didactique ni superficielle, et une forme d’humilité
dans le travail d’exploration du critique. »
Le mot « mandala » signifie « cercle » en sanskrit. Mais, souligne
l’auteur de l’article, Germain-Thomas précise à juste titre : « Si nous
l’utilisons pour Raza, ce n’est pas pour l’enfermer dans une tradition
précise, lui qui justement échappe à tous les systèmes et qui est avant
tout peintre; c’est pour dire la puissance sacrée qui émane de la
combinaison des formes et des couleurs inscrite dans ses toiles. »

Ténèbres australiennes

Palm Island, Australie. Réserve aborigène, cette île au nom
paradisiaque incarne l’indigence et la violence qui sévissent parmi les
communautés autochtones. En 2004, Cameron Doomadgee se fait arrêter un
soir par la police. D’après les témoins, il chantonnait une comptine
insolente, ou il aurait lancé un juron à l’adresse d’un policier. Mis
en garde à vue pendant la nuit, il est retrouvé mort le lendemain. Les
émeutes qui suivirent ont propulsé ce fait divers à la une des
journaux, et depuis lors, Chloe Hooper mène l’enquête. Un travail de
fond, avec portraits du sergent Chris Hurley et de sa victime,
reconstitution de l’investigation policère, mise en évidence des
erreurs judiciaires. L’autopsie dont les résultats n’étaient pas concluants
a été remise en cause deux ans après les faits par un médecin légiste,
prouvant que Cameron Doomadgee était mort sous les coups. Le jury,
composé de blancs, acquitta le sergent Hurley du chef meurtre lors du
procès qui suivit.
Il s’avère que le sergent n’était pas un raciste invétéré : il était
apprécié par les associations et les militants pour les droits
aborigènes. « Vrai modèle de la réconciliation » au sein d’une société
ségrégationniste, selon Hooper, il était connu à Palm Island pour « sa
gentillesse envers les enfants aborigènes ». Comment en serait-il venu
à tabasser Cameron Doomadgee pour une peccadille ? « Et si en essayant
de lutter contre la sauvagerie, on devient sauvage soi-même ? »
interroge Hoopper. Jo Case, critique du site australien Readings
Monthly, avance que le sergent serait une sorte de Kurtz, le colonel
d’Au Cœur des ténèbres. Hooper a relevé son défi en rendant hommage à
la victime tout en peignant un portrait humain et nuancé de son
bourreau. Et elle a bien identifié les tensions qui divisent la société
australienne : « l’histoire de Cameron Doomadgee et de Chris Hurley est
une réduction de celle de l’Australie. Au fond, c’est une histoire de
chocs : entre la police et les îliens, l’Australie blanche et noire, le
nord et le sud ».

Noirs, esclaves et musulmans au Brésil

Dans les rues de Rio de Janeiro, c’est un tube qu’on entonne à chaque Carnaval : « Ala,
Ala meu bom Ala » (Allah, Allah, mon bon Allah). Tous les cariocas
esquissent un pas de danse et reprennent à tue-tête le couplet chantant
cette troupe d’Arabes qui, épuisés par la chaleur et une longue marche,
se retrouvent dans la « ville merveilleuse ».
Mais si l’on connaît
l’histoire des musulmans venus de l’Empire ottoman pour s’installer au
Brésil, on oublie souvent que Rio de Janeiro a accueilli une autre
immigration, contrainte celle-ci : les esclaves noirs musulmans, venus
des côtes du Sénégal et du Cameroun. On les baptisait les « minas ».
C’est à eux qu’Alberto da Costa e Silva vient de consacrer un ouvrage.
Pour tenter d’évaluer leur nombre dans la capitale d’alors, il se
penche sur la correspondance officielle du comte de Gobineau, ministre
de la France au Brésil.
En 1869, celui-ci s’étonne, avec une pointe de
dégoût, que ses compatriotes libraires Fauchon et Dupont exportent dans
le pays, chaque année, une centaine de Coran, en arabe. Rédigés à la
main, ils valent une petite fortune. Ce sont toutefois des esclaves ou
des affranchis qui ont pu les acheter, démontre da Costa. De fait, les
musulmans tenaient à leur identité dur comme fer. Ils ne se mêlaient
pas aux autres, même pas aux autres esclaves, et « préféraient se
marier au sein de la communauté, du fait du sentiment de supériorité
d’une religion monothéiste » explique Manolo Florentino qui commente le
livre dans le quotidien Folha de São Paulo. Cette affirmation
culturelle est peut-être une des raisons de l’importante proportion
d’esclaves affranchis dans leurs rangs. Bien que minoritaires, les
esclaves musulmans sont deux fois plus nombreux à obtenir leur
affranchissement que leurs compagnons d’infortune issus d’autres
religions. « Une histoire passionnante qui en finit avec l’ignorance
sur l’épopée des Noirs musulmans » du Brésil, conclut Florentino.

La queue de castor frite du Montana

Pour créer des emplois pendant la grande dépression des années 1930, le
gouvernement américain avait plus d’un tour dans son sac. En témoigne
le projet loufoque America Eats (« L’Amérique mange » ) dont le but
final était la publication d’un livre sur les traditions culinaires
régionales. Les rédacteurs, qui faisaient partie des quelques quatre
mille cinq cents gens de plume embauchés dans le cadre d’un Projet
fédéral d’écriture, furent envoyés aux quatre coins des Etats-Unis afin
d’observer les habitudes alimentaires. Le livre ne vit jamais le jour à
cause de la guerre mais les dossiers constitués furent conservés à la
Library of Congress. Le chercheur Mark Kurlansky analyse cette pile de
près d’un mètre de haut pour en faire une anthologie qui, d’après le
commentateur Jonathan Miles du New York Times, ne manque pas de piment.
De nos jours, la critique de l’alimentation homogénéisée est
monnaie courante. Kurlansky montre qu’elle n’est pas nouvelle : la «
standardisation américaine » des dîners congelés et la généralisation
d’arômes artificiels étaient déjà dénoncés. L’idée sous-jacente
d’America Eats était précisément de garder la mémoire des traditions
locales avant qu’elles ne disparaissent au profit des premiers
fast-foods tels Automat à New York. Les centaines de rapports, essais,
recettes et interviews abordent des sujets divers (souvent dans le
dialecte local) tels que la préparation de l’opossum de Géorgie, la
queue de castor frite du Montana, et les superstitions alimentaires du
Colorado (« Malheur à votre ménage si vous brûlez la croûte du pain sur
le feu »). Sans compter des recettes d’actualité (le « Gâteau dépression », sans farine ni œufs) qui donnent à l’anthologie toute sa richesse.

L’universalité d’un sociologue brésilien

Le britannique Peter Burke et sa femme brésilienne Maria Lucia Pallares
sont las d’exposer, dans les dîners en ville de Londres, l’objet de
leur étude. Cela fait des années que ce couple d’historiens travaille
sur Gilberto Freyre. Non, il ne s’agit pas du chanteur Gilberto Gil, ni
du fameux pédagogue Paulo Freire, mais d’une des plus grandes figures
de la sociologie brésilienne.
Son principal ouvrage, Maîtres et
esclaves
, publié dans les années 1930, est fondamental pour comprendre
le thème du métissage provenant des mœurs sexuelles, des superstitions
et de la culture brésilienne. Ils sont tous deux convaincus que Freyre
est bien plus qu’un sympathique interprète des coutumes exotiques d’un
lointain pays. C’est pour démontrer son universalité qu’ils de publient
à Londres « Gilberto Freyre : théorie sociale sous les tropiques». « Nous
voulions faire un livre pour le monde anglophone en général, puisque
nous sentons qu’ici, il n’est pas pris au sérieux en tant qu’historien
et penseur socio-culturel », confient-ils à Miguel Conde, journaliste
du quotidien O Globo. Le livre sera aussi traduit en portugais et
distribué au Brésil. Tout en dressant un panorama de la trajectoire
intellectuelle de Gilberto Freyre, l’ouvrage dénonce les dangers de
l’eurocentrisme. Peter Burke et Maria Lucia Pallares soutiennent que la
pensée européenne pourrait s’enrichir en se « tropicalisant ». Les
idées de Freyre sur le mélange des ethnies et la culture hybride sont
de plus en plus adaptées à une Europe où l’immigration est devenue un
phénomène central.

Le meurtre de Pasolini, affaire d’Etat

2 novembre 1975. Le corps de Pier Paolo Pasolini gît, inerte, à Ostie. Selon le rapport d’autopsie, la mort a été provoquée par de multiples fractures, mais surtout par l’ « explosion » du cœur. Après les coups, ses agresseurs ont écrasé le corps du cinéaste sous les roues de son Alfa.
Qui a assassiné le célèbre écrivain et réalisateur, et pourquoi ? Malgré les indices d’un massacre perpétré à plusieurs, Pino Pelosi, jeune voyou de 17 ans, dit en être l’unique auteur. Sa version : Pasolini aurait voulu lui imposer une prestation sexuelle, la bagarre qui suivit aurait dégénéré. Pelosi est condamné à près de dix ans prison. Depuis, il a multiplié les révélations contradictoires. Aujourd’hui, 34 ans après le meurtre, il témoigne à nouveau. Ses aveux, filmés par Roberta Torre dans La Notte quando è morto Pasolini (« La nuit où Pasolini est mort »), sont publiés par les journalistes Giuseppe Lo Bianco et Sandra Rizza dans leur livre Profondo nero. Pelosi y parle pour la première fois d’un « crime politique » commis par un commando de cinq individus. Il révèle les noms de deux d’entre eux : les frères Borsellino, membres du parti fasciste MSI (Movimento Sociale Italiano). Pelosi déclare aussi que ce soir-là, lui et Pasolini avaient un rendez-vous, fixé une semaine auparavant, ce qui ravive la thèse de la préméditation. S’appuyant sur ces éléments, plusieurs voix s’élèvent pour demander la réouverture de l’enquête.
Mais Profondo Nero ne s’arrête pas au cas Pasolini. Les auteurs avancent que son meurtre pourrait être relié à deux autres morts tragiques : celle d’Enrico Mattei, ancien président de la société pétrolière ENI (Ente Nazionale Idrocarburi) disparu dans un accident d’avion en 1962, et celle du journaliste Mauro de Mauro qui enquêtait précisément sur la mort de Mattei au moment de sa disparition. « A la fin de sa vie, le poète [Pasolini] avait une obsession, affirment Lo Bianco et Rizza : reconstruire, dans son roman posthume Pétrole (1), la toile d’araignée des sociétés et des affaires tissée autour d’Eugenio Cefis, successeur de Mattei à la tête de l’ENI. » Cefis, proche de la droite non républicaine, serait aussi le fondateur de la loge maçonnique P2, « cette association secrète, explique Piero Ottone dans La Reppublica, à laquelle ont adhéré des personnalités de l’armée, des diplomates, des hauts fonctionnaires, des politiques, des journalistes […]. Au sein d’un État qui fonctionnait mal […], des hommes de pouvoir agissaient donc en secret ». Les auteurs rappellent que Silvio Berlusconi avait été désigné par Lucio Gelli, le Grand-Maître de la loge P2, comme son successeur.

(1) Gallimard, 2006

Lire l’article de la Repubblica

De la modernité de Dieu

Aux États-Unis, la chaîne de fast-food Chick Fil-A, spécialisée dans le
poulet, s’est assignée la mission suivante : « Glorifier Dieu en étant
les pieux représentants de ce qui nous est confié, et avoir une
influence positive sur ceux qui entrent en contact avec Chick Fil-A ».
Au Guatemala, on a construit une église pentecôtiste pouvant accueillir
12 000 fidèles, dotée d’un héliport et d’un baptistère géant. Un retour
au religieux dont John Micklethwait, rédacteur en chef de The
Economist
, se fait l’écho avec Adrian Wooldridge dans God is back. « En
séparant l’Église de l’État et en décrétant la liberté de religion, les
États-Unis ont ouvert la voie à un entrepreneuriat religieux et à
l’export réussi des différentes formes de chrétienté », analyse John
Lloyd, auteur d’une critique du livre dans The Financial Times. Dans
cette logique de marchandisation, les pasteurs sont poussés à entrer en
compétition pour séduire les fidèles. Il existe maintenant, aux
États-Unis, toutes sortes d’églises spécialisées : l’église des
sportifs, celle des motards ou encore celle des cow-boys. Pour Michiko
Kakutani, du New York Times, « certaines églises décrites dans ce livre
s’apparentent plus à de gigantesques centres commerciaux de banlieue ou
à des parcs d’attraction qu’à des lieux de prière ».
Ce nouveau rapport au religieux a pourtant de l’avenir, soutiennent les
auteurs de God is Back. Le monde s’éloigne selon eux d’un modèle de
laïcité à l’européenne. Moins marginalisée, la religion serait de plus
en plus pratiquée, de plus en plus au cœur de la modernité. Un point de
vue un peu court et très ethnocentriste, selon le journaliste du
Financial Times : « Le Dieu de retour est chrétien, et il parle avec
l’accent américain, écrit-il. L’islam est traité sous l’angle de la
mutation de la foi en prosélytisme. Il y a peu de choses sur
l’orthodoxie, le judaïsme et rien sur le bouddhisme ou l’hindouisme ».

Lire l’article du New York Times
Lire l’article du Financial Times