Le « V » de la victoire

Par qui a été inventé le « V » de la victoire ? Ni par de Gaulle, ni
par Churchill. Son promoteur fut un député belge, Victor de Laveleye,
qui était la voix de la Belgique à la BBC. Le 14 janvier 1941, il
incita ses compatriotes à adopter ce signe de ralliement, le « V »
étant aussi la première lettre du mot « liberté » en flamand (vrijheid).
De Gaulle, qui était attaché à la croix de Lorraine, mit quelque temps
avant d’en comprendre l’intérêt. Il l’adopta en mars 1941, Churchill en
juillet. Entre-temps, un responsable de la BBC avait constaté que la
lettre en morse (trois points, un trait) correspondait aux premières
mesures de la Cinquième symphonie de Beethoven, ce qui permit
d’ajouter du son au signe, note John Rogister en présentant les
Mémoires de Tinou Dutry-Soinne dans le Times Literary Supplement.

Les Experts Gergovie

L’Alain Minc nouveau est arrivé. Le millésime s’intitule Une Histoire de France (Grasset). Alain Minc est une marque, une AOC prestige. Difficile de trouver meilleur objet pour “Qui parle ?” Ingénieur, énarque, financier, conseil d’entreprise, directeur de journal, éminence de l’arc-en-ciel des gris, l’homme susurre à l’oreille des Princes et, tel ce consultant qui chipe au client sa montre pour lui donner l’heure, entend probablement autant qu’il ne répète. Il aurait même, dit-on, pour nourrir l’un de ses livres, emprunté sans les rendre de larges extraits d’une « charmante biographie imaginaire » de Spinoza. L’auteur contrefait l’a très mal pris : condamnés en justice, Minc et son éditeur sont devenus, malgré eux, l’un des nouveaux symboles du brouillage médiatique. Bref, des héros de “Qui parle ?”
 
Le fait est que l’Histoire d’Alain Minc précède de peu l’annonce par le Président de la République de la création d’un musée de l’Histoire de France, apte à mieux promouvoir l’identité française. S’étant vanté d’avoir prescrit une réforme de l’audiovisuel fort malencontreusement annoncée, Minc ne peut échapper au procès d’avoir ici prévendu l’idée présidentielle, faisant, pour se racheter, œuvre de communication.
 
Certes, de Saint-Simon dont il fut trésorier d’une fondation éponyme, il a sûrement retenu le précepte des Mémoires :
« … il faut que l’auteur d’une histoire générale ou particulière possède à fond sa matière par une profonde lecture, par une exacte confrontation, par une juste comparaison d’auteurs les plus judicieusement choisis, et par une sage et savante critique, le tout accompagné de beaucoup de lumière et de discernement. »
Et nul doute que l’ouvrage s’y conforme exactement.
 
N’empêche, le livre a déjà son usage. Il sous-titre le voeu présidentiel de raffermir l’identité française. Ce qui frappe alors, c’est à quel point, dans le processus médiatique, la figure janséniste du précepteur, de l’esprit fort, sceptique ou scientifique, transmuée par Zola en intellectuel dreyfusard, se trouve massivement investie par la communication. Faut-il redouter qu’assourdi par la houle des grands tirages, l’esprit n’en vienne à délaisser les livres ? Le tapage médiatique est-il notre nouvelle censure…? Au royaume des Experts, les communicants sont rois.

Frank Lloyd Wright, architecte et penseur

Précurseur de l’architecture moderne, l’Américain Frank Lloyd Wright a signé des constructions aussi célèbres que le musée Guggenheim de New York ou la Maison de la cascade, en Pennsylvanie. Il a aussi laissé quelque six cents textes manuscrits, une douzaine de livres et des articles. Bruce Brooks Pfeiffer, responsable de ses archives, a choisi plusieurs textes qu’il met en rapport avec des photos et des croquis. L’ouvrage permet de bien comprendre le processus de création de ce génie de l’architecture estime William J.R. Curtis, dans le Times Literary Supplement. Wright était avant tout un penseur qui empruntait volontiers aux philosophes et aux poètes, Platon et Gœthe notamment.
Avant de réaliser, dans les années 1930, cette étonnante habitation qui épouse et se confond avec une cascade, il écrivait : « Lisez la grammaire de la terre dans un morceau de pierre ! Les principes qui en font une pierre couchée ou dressée et continuent à la sculpter par vents et marées – là reposent des formes et des styles pour l’éternité et pour l’humanité entière ». D’où les principes clefs de son architecture fondée sur l’harmonie avec la nature. En totale opposition avec la fascination pour le machinisme de Le Corbusier, son contemporain. Les deux hommes divergeaient d’ailleurs sur de nombreux points. Dans un cours donné à l’université de Princeton, Wright décrit un modèle de ville moderne très décentralisée qui repose sur l’automobile, en contradiction avec l’hypercentre-ville imaginé par son collègue français. Mais, écrit Curtis, « les deux hommes avaient aussi des choses en commun, à commencer par la noble idée que l’architecte est celui qui révèle l’avènement d’un nouvel ordre ».

Sacré livre

Dans son premier numéro de l’année, le Nouvel Obs consacre une brève extrêmement négative à l’e-book (rubrique : « En Baisse » – il faut remarquer, néanmoins, que la rubrique symétrique, « En Hausse », est un vibrant éloge de Books, que le journaliste déclare  « quasiment parfait »!)
Je ne résiste pas à citer quelques lignes de ce « dézingage » en règle de l’e-book : « Il se rapproche autant du livre que d’une banane » ; « qui a envie de poser son [e-book] de chevet sur la table de nuit où, autrefois, vous attendait votre livre fétiche ? », etc.
Ces commentaires, comme souvent, strictement émotionnels, témoignent d’une vision mythique et romantique du Livre, avec un L majuscule. Justifiée ?
Pas vraiment ! Car qu’est-ce qu’un livre ? Ce qu’on vénère aujourd’hui avec passion et un brin de nostalgie, c’est le fruit de la convergence entre le codex, le papier, et l’imprimerie. Cette convergence ne remonte pourtant qu’au XVIe siècle. Auparavant, chacun de ces éléments existait déjà, mais dans une combinatoire différente. Le papier a paru au IIIe siècle av. J-C. en Chine, mais n’a débarqué pour de vrai en Europe qu’au XIIe siècle ; le papyrus (qui a donné au livre son nom grec, byblos), et le parchemin, l’avaient largement devancé. L’imprimerie véritable, avec utilisation de caractères métalliques, est une invention coréenne qui remonte, elle, au XIIIe siècle, mais n’a pris son véritable essor qu’en Europe. Au début de l’ère Gutenberg, on imprimait encore les livres sur parchemin autant que sur papier. Quant au codex – l’assemblage de pages reliées entre elles – c’est une innovation romaine (le fruit de l’évolution de la tablette au rouleau, puis du rouleau, plié en accordéon, à la page) mais c’est le christianisme qui l’a vraiment popularisée.
En fait, le livre comme vecteur de savoir ou de plaisir a connu – et continue de connaître – des formes multiples, de l’empilement de tablettes d’argile aux feuilles de papyrus collées bout-à-bout et enroulées sur elles-mêmes, en passant par les plaquettes de bois cousues ensemble… Et sur la page elle-même, les évolutions alphabétiques et typographiques ont été tout aussi spectaculaires : par exemple, la coupure entre les mots, si commode, ce sont les moines copistes irlandais qui l’ont introduite au VIIe siècle seulement.
S’il fallait choisir un dénominateur commun à tous ces supports de lecture, ce serait probablement l’encre : une invention qui remonte à la plus haute Antiquité, et qui a connu depuis tous les ingrédients, toutes les formulations chimiques possibles et imaginables. Aujourd’hui, nous abordons aux rivages encore un peu incertains de l’encre électronique (e-ink). Bon ! Mais où est donc le drame ? Le sentimentalisme des anti e-book a bien peu de fondement.

Le vrai miracle chinois

« Le carnage et les bouleversements ont été tels que le miracle de la Chine vient plutôt de sa survie que de ses récents succès », analyse John Keay dans le Times Literary Supplement en évoquant l’Histoire de la Chine moderne de Jonathan Fenby. Depuis le XIXe siècle, l’Empire du milieu a en effet vu sa population décimée à plusieurs reprises. Vingt millions d’individus ont trouvé la mort, entre 1851 et 1854, au cours de la révolte, communiste avant l’heure, des Taiping ; trente millions, entre 1937 et 1945, lors du conflit sino-japonais ; et trente autres millions en raison de la famine générée par le Grand bond en avant lancé à la fin des années 1950 par Mao Zedong. Pour Jonathan Fenby, ces drames sont imputables à la Chine elle-même, notamment au traditionnel comportement autocrate des hommes au pouvoir. Mao est ainsi identifié à un empereur et le Politburo à une assemblée dynastique, commente John Keay, qui trouve l’explication un peu courte. Il y eut au moins une tentative de réforme, en 1898, celle dite des Cent jours en faveur de changements institutionnels principalement en matière d’éducation et de politique. Le conflit avec l’Inde, en 1962, est venu d’un différend sur le Tibet et ne tient pas à des questions internes. Pour autant, le livre de Jonathan Fenby reste, selon Keay « la plus complète et la plus judicieuse histoire moderne de la Chine actuellement disponible ».

Lettres interdites de l’asile

Des dizaines et des dizaines de lettres restées à jamais sans réponse… Pendant près d’un siècle, les patients de l’hôpital psychiatrique San Girolamo, dans la province de Pise, ont écrit à leur famille. Laura Montanari évoque dans La Repubblica ces lettres « du chanteur lyrique qui a la nostalgie de la scène, du cheminot qui se repent d’avoir dénoncé une escroquerie, de l’anarchiste qui raconte son arrestation, de l’alcoolique écrivant à sa femme »… Aucun n’a jamais reçu de réponse. Entre 1889 et 1974, l’administration de l’établissement a directement classé le courrier dans les dossiers des patients. Motif ? Les besoins des diagnostics. Certaines missives, clamant désespoir et incompréhension, se font l’écho de ce monde du silence. « Cher père, vous n’imaginez pas à quel point il me pèse de ne pas avoir de vos nouvelles. J’aimerais savoir combien de lettres vous avez reçu et si vous m’avez répondu. »
Dans les années 1980, la psychiatrie se renouvelle en Italie, sous l’influence du médecin Franco Basaglia et du philosophe français Michel Foucault. Le directeur de l’hôpital San Girolamo et quelques psychiatres iconoclastes sélectionnent alors une centaine de lettres tirées des archives. Le volume, aujourd’hui réédité, montre à quel point l’institution psychiatrique constituait un monde à part. San Girolamo était presque une ville, écrit Laura Montanari : l’hôpital « a compté jusqu’à 4 800 patients ; on y battait une monnaie propre, on y trouvait des ateliers de couture, des potagers, une boulangerie, des élevages de poules et de cochons. C’était une communauté autosuffisante entourée de murs difficiles à escalader ». D’où rien ne sortait.

Pavillon en berne

Le New York Times, confronté à une baisse catastrophique de ses recettes publicitaires, a ouvert lundi matin 5 janvier, pour la première fois, sa « Une » à une annonce commerciale.
Brisant le tabou qui consistait à réserver la première page exclusivement à des informations pures, le prestigieux quotidien publie en bas de page un bandeau de couleur acheté par la chaîne de télévision CBS.

« Cet emplacement, dont l’impact est très élevé, représente pour nos annonceurs une nouvelle occasion d’atteindre nos lecteurs cultivés, influents et aisés à travers le pays », déclare dans un communiqué Denise Warren, vice-présidente chargée de la publicité.
Source: SDA/ATS
 
On peut voir dans cette annonce l’extension banale du modèle publicitaire induit par la prolifération des médias. Mais ce mouvement, qui s’ajoute au recrutement de Bono (le chanteur de U2) en tant que chroniqueur, traduit une rupture plus profonde dans la stratégie du label.
 
Naguère valorisé par sa capacité à sélectionner, identifier, signaler, présenter un contenu rédactionnel prestigieux, le New York Times était une marque de luxe. Sa puissance, plus exactement son « autorité », était telle qu’elle faisait rois ses chroniqueurs, ne concédant à quiconque l’honneur de communiquer à son compte, de parler pour lui-même sous le logo du journal.
 
L’édition du week-end du mot-croisés géant, le must des cruciverbistes, engendrait les plus forts pics de trafic de Google : les lecteurs se ruaient sur le moteur en quête d’indices. Ces mots-croisés sont d’ailleurs systématiquement réédités en collections spéciales. Cependant, le lectorat vieillit. Pis, Internet le dévoie. Et c’est Google qui, désormais, siphonne de mille façons la manne publicitaire.
 
Au delà de la concurrence publicitaire dans la récession américaine, le sacrifice de la « Une » du New York Times a une portée symbolique. Il témoigne de l’érosion des labels éditoriaux, jadis considérés comme des institutions de la connaissance et de la communication. Le mots-croisés, comme le reste des articles du journal, étaient des produits exclusifs, du signifiant marqué. A l’ère du numérique, la concurrence médiatique disperse les publics vers des marques innombrables. La bannière colorée de CBS flottant à la « Une » du quotidien signe la fin d’une époque : celle où l’éditeur seul décidait de qui parle, où lui seul octroyait la sacro-sainte « autorisation ».

L’orchestre et la paix

L’idée, même si elle n’est pas neuve, avait tout pour séduire : l’orchestre symphonique est la métaphore d’égoïsmes capables de converger harmonieusement. Soutenue par un pianiste important, chef d’orchestre internationalement reconnu, elle a d’autant plus de poids que celui-ci est juif Israélien, Palestinien d’adoption, et fondateur du West-Eastern Divan Orchestra, formation rassemblant des musiciens originaires des deux camps et d’ailleurs. Daniel Barenboïm, figure courageuse et emblématique d’une paix toujours remise à plus tard, sait de quoi il parle. Mais il en parle mal, explique Stephan Speicher dans le mensuel Literaturen. L’ouvrage, copier-coller d’articles et de conférences à Harvard, est mal ficelé, truffé de répétitions et de concepts approximatifs. L’auteur sollicite la théorie de la gravitation, mais s’emmêle entre force et énergie ; la métaphysique est convoquée pour comprendre le gouvernement des hommes, domaine dans lequel cette discipline n’est pas compétente. Pourtant, ajoute le critique, La musique éveille le temps fait mouche. Car la thèse centrale du livre est convaincante. La musique, écrit Barenboïm, « même quand elle s’écoule de manière linéaire, fait coexister des éléments qui s’opposent, au point d’être parfois antagonistes. A chaque instant, elle accepte la contradiction. » Le musicien d’orchestre doit à la fois s’exprimer et écouter, s’affirmer et faire place à l’autre, commente un Speicher finalement séduit.
Comment donner un prolongement concret à cette belle idée ? La bonne société austro-allemande de la première moitié du XXe siècle n’était-elle pas saturée de musique ? A-t-elle été plus morale sur le plan politique ? L’histoire a prouvé que non. Barenboïm comme le critique de son opus n’attendent donc pas de la musique, notamment classique, qu’elle rende les hommes meilleurs. En revanche, l’orchestre au travail nourrit l’espoir. En montrant comment ils surmontent ce qui les oppose, les musiciens donnent l’exemple de ce dont nous sont capables.

Guatémala : Qui a tué l’évêque ?

Sorti aux États-Unis en pleine campagne présidentielle guatémaltèque, le dernier livre de l’écrivain et journaliste Francisco Goldman, The Art of Political Murder, classé parmi les dix livres les plus remarquables de l’année par la New York Times Book Review, est bestseller au Guatemala depuis près d’un an. Une première pour un livre écrit en anglais !
Ce « “J’accuse” contre les féroces criminels de guerre », écrit l’ex-ambassadrice américaine au Belize, Carolyn Curiel, dans le New York Times, mène l’enquête sur l’assassinat, le 26 avril 1998, de l’évêque guatémaltèque Juan José Gerardi. Deux jours avant sa mort, l’homme d’Église avait rendu public son rapport sur la guerre civile ayant ravagé le pays de 1960 à 1996 et provoqué plus de 200 000 morts. Il y dénonçait la responsabilité de l’armée et des groupes paramilitaires associés au gouvernement dans 80 % des crimes perpétrés durant ces décennies sanglantes. Francisco Goldman a enquêté huit ans sur les circonstances de la mort de Gerardi. Livre choc, The Art of Political Murder met directement en cause, à partir de témoignages inédits, l’état-major de l’armée guatémaltèque, en particulier le général en retraite devenu le leader du Parti patriotique [PP, droite], Otto Pérez Molina. Ancien chef du renseignement militaire, Pérez Molina était le candidat du PP à l’élection présidentielle de novembre 2007. Son slogan « Mano dura » (« Main dure ») contre la criminalité faisait mouche et le plaçait en tête des sondages. Jusqu’à ce que The Art of Political Murder fasse irruption dans la campagne. Largement diffusé par le parti social-démocrate Unité nationale de l’espoir (UNE), le livre de Francisco Goldman aurait joué un rôle clé dans la victoire finale de son leader, Álvaro Colom. « Il a conforté les Guatémaltèques dans l’idée que Pérez Molina était impliqué dans la guerre, et qu’ils n’avaient pas besoin d’un tel président », explique le représentant guatémaltèque de l’ONG Transparency International au journaliste Nathaniel Popper dans The Nation. Quant à l’enquête judiciaire sur le cas Gerardi, elle est toujours au point mort. Reste à savoir si, après l’avoir instrumentalisée à des fins politiques, le désormais président Álvaro Colom aura le courage de mener l’affaire à son terme.

Femmes sans vertu

Plusieurs mois après sa parution, Nissa’ Al Monkar, le roman de la journaliste saoudienne Samar al-Moqran, interdit dans le royaume, continue de nourrir la polémique dans le monde arabe, tout en enregistrant des records de vente (voir notre liste de bestsellers), confirmés par sa maison d’édition libanaise comme par le site de vente par correspondance Neelwafurat.com.
Sarah, femme adultère, est dénoncée à la police des mœurs saoudienne par un serveur du restaurant où elle retrouve son amant, rencontré via Internet. Le couple illégitime est arrêté. L’homme est condamné à quatre mois de prison. Elle, à quatre ans. Quatre années au cours desquelles elle raconte les vies dans la prison des femmes. Si la revue littéraire égyptienne Akhbar al-Adab dénonce l’« immoralité » de la cause défendue, la journaliste Nadia al-Qahtani estime pour sa part, sur le site culturel Rasid.com, que « cette dénonciation de l’injustice faite à la femme est une belle enquête journalistique, mais sa publication sous forme de livre est un abus littéraire impardonnable. […] Le seul regard diabolique de la femme en couverture du livre, voilée à la saoudienne, montre la volonté de provoquer ».
Plus habile, le critique Hicham Benchaoui préfère s’attaquer, dans le quotidien pan-arabe londonien Al-Qods Al Arabi, à la médiocre qualité littéraire du roman : « Style journalistique, absence de questionnement existentiel, personnages fades et superficiels, sans aucune profondeur dramatique. Le lecteur comprendra la revendication de Samar al-Moqran, mais il semblerait que la volonté de séduire l’Occident par des prétentions libérales soit devenue le sésame de la célébrité mondiale. » Des reproches analogues avaient été faits à Raja al-Saneh, auteur du roman à succès Filles de Riyad.