Ondjaki : « guerrier » en langue kimbundu. Tel est le pseudonyme littéraire de Ndalu de Almeida. Du haut de ses 31 ans, ce jeune angolais-portugais est, pour le spécialiste brésilien de littérature lusophone Adelto Gonçalves, « l’enfant prodige des Lettres
angolaises ». « Exemple parfait du métissage qui caractérise aujourd’hui ce peuple », représentant d’une génération qui n’a jamais connu le colonialisme, « Ondjaki a su inventer une écriture nouvelle, détachée de la littérature nationaliste et socialiste de ses pères, celle qui a fleuri dans les années 1970 avec Agostinho Neto, Luandino Vieira ou Pepetela », écrit Gonçalves dans le Jornal Opção. Loin des invectives révolutionnaires et de la haine anticolonialiste, Ondjaki, enfant de l’indépendance, est libre de « raconter avec tendresse, humour et légèreté les musseques (favelas), les parties de foot dans les terrains vagues, les fêtes populaires et la vie des va-nu-pieds du Luanda de son enfance ».
Chaque nouvelle de ce livre est centrée sur une scène de la vie quotidienne dont la banalité est la qualité principale et dont le critère de sélection est le souvenir heureux. Dans un langage décomplexé, qui n’hésite pas à relever la langue de Camões des saveurs épicées d’un dialecte kimbundu pour le moins imagé, il ressuscite une enfance baignée dans la joie de vivre, marquée par des personnages hauts en couleur comme Grand-mère Dix-neuf, ainsi nommée pour avoir été amputée d’un doigt de pied, ou le fidèle EcumedeMer, prêt à tous les coups pour se payer une limonade. « Une véritable bouffée d’air frais dans la littérature angolaise. Rien d’étonnant donc à ce qu’il soit aujourd’hui traduit jusqu’en Chine. »