Inde : une discrimination positive pour les castes
Publié le 26 août 2015. Par La Rédaction de Books.
Au moins un demi-million de membres de la communauté Patidar, l’une des castes les plus riches de l’Etat du Gujarat (ouest de l’Inde), ont manifesté, mardi 25 août, pour réclamer l’accès aux quotas réservés aux basses castes. Une mobilisation qui témoigne de l’effet involontaire qu’a eu dans le pays la discrimination positive pratiquée depuis les années 1950 : perpétuer le système des castes. L’anthropologue belge Robert Deliège l’explique dans Intouchables : entre révoltes et intégration. Certes, les quotas ont aidé les Dalits à accéder à l’université et à l’emploi public, engendrant une mobilité sociale réelle même si elle est difficile à quantifier (peu d’études croisent la caste et la classe). Mais cette mesure a par là-même renforcé l’importance de ces statuts.
« Une politique qui se fonde sur la caste ne peut arriver à éliminer celle-ci, écrit Robert Deliège, c’est plutôt le contraire qui se produit. (…) La mobilité sociale s’est fondée sur la caste et a donc renforcé l’intérêt pour cette dernière comme force de soutien dans un monde où l’on est de plus en plus livré à soi même. » L’institution devient alors acceptable. Ainsi, le mouvement militant Dalit ne revendique pas de changements sociétaux ou structurels, souligne Robert Deliège. Ses membres revendiquent plutôt des postes dans les ministères, des places à l’université, des bourses et des logements. Tout comme leurs voisins des castes supérieures.
