Mais dans quel monde vivons-nous ?

Commentant trois livres parus sur le bien nommé Big Bang, Sean Carroll, un physicien théoricien américain qui est aussi philosophe des sciences, profite de l’occasion pour, si l’on ose dire, remettre les pendules à l’heure. Voici donc en quelques mots ce qu’il vous faut savoir sur notre univers et ce que vous pouvez dire à vos enfants. La Voie lactée (ô sœur lumineuse) contient environ 200 milliards d’étoiles. On compte à peu près 1 000 milliards de galaxies dans l’univers observable, « distribuées de manière presque uniforme dans l’espace ». Les galaxies s’éloignent les unes des autres : l’univers est en expansion. Et cette expansion s’accélère. En remontant le temps, nous atteignons vers -13,8 milliards d’années une « configuration » chaude et dense, dont nous observons les résidus dans un rayonnement venant de partout dans le ciel. C’est le modèle du Big Bang (en italiques dans le texte). Ce modèle est bien compris et « presque universellement accepté par les cosmologistes contemporains » (le mot « presque » n’est pas en italiques). En revanche, l’événement que représente le Big Bang (en italiques) n’est qu’un « moment hypothétique », lors duquel « la température et la densité sont supposées avoir été infinies ». À vrai dire, poursuit Carroll, « nul ne sait si un tel événement a eu lieu. Pour être honnête, ce ne fut sans doute pas le cas. La plupart des physiciens pensent que cela signale plutôt une rupture de la théorie » (de la relativité générale conçue par Einstein). « La prédiction de quantités physiques infiniment grandes est probablement le signe que nous ne disposons pas de la bonne compréhension théorique. »


Pour tenter de rendre compte de l’accélération de l’expansion, les physiciens ont inventé une hypothétique « énergie sombre », laquelle entre en résonance avec la « matière sombre » (ou matière noire, invisible), dont aucune particule connue ne fait partie mais dont l’existence est démontrée en raison de l’attraction qu’elle exerce sur les galaxies et les rayons de lumière. Il en résulte un « tableau » dans lequel 25 % de l’énergie de l’univers vient de la matière sombre et 70 % de l’énergie sombre. La matière « ordinaire », celle que nous connaissons, compte pour du beurre (5 %). Bien sûr, il est possible que le nombre d’univers soit lui-même infini. Voilà, vous savez tout.

LE LIVRE
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An Infinity of Worlds: Cosmic Inflation and the Beginning of the Universe de Will Kinney, MIT Press , 2023

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