Si votre cerveau rétrécit, c’est plutôt bon signe

L’idée qu’il existe une « science de la paternité » remonte à l’an 2000 quand des chercheurs canadiens montrèrent qu’être père (un père attentif) modifie le fonctionnement hormonal. Une série d’études l’a confirmé : dès le quatrième mois de grossesse, le futur papa, s’il est motivé, voit son taux de testostérone et de vasopressine baisser, tandis que grimpent les taux d’ocytocine et de prolactine. Ces changements ne sont donc pas dus aux effets physiologiques de la grossesse, mais à ce qui se passe dans la tête. À propos de tête, la chercheuse américaine Darby Saxbe nous apprend que le cerveau masculin rétrécit à cette occasion (comme le cerveau féminin, mais différemment). Pour revenir aux hormones, les changements constatés se poursuivent bien sûr après la naissance et sont d’autant plus prononcés que le papa s’emploie activement à torcher son gamin, le biberonner et le cajoler.


La science en question est encore fraîche et reste frustrante, écrit Thomas Hodgkinson dans la Literary Review. Entre constater et comprendre, la route est longue. On attend les premiers travaux sur les modifications hormonales chez les grands-pères qui ont le plaisir de rejouer au papa, et parfois s’investissent dans ce rôle plus encore que la première fois. C’est que les mœurs évoluent vite. Aux États-Unis, les pères s’occupent quatre fois plus de leur progéniture qu’en 1965.

LE LIVRE
LE LIVRE

Dad Brain: The New Science of Fatherhood and How It Shapes Men’s Lives de Darby Saxbe, Flatiron Books, 2026

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