Publié dans le magazine Books n° 99, juillet/août 2019. Par Aman Sethi.
L’animal national de l’Inde est en voie d’extinction. Le pays n’abrite guère plus de 2 000 individus, qui vivent dans des réserves naturelles dans la jungle. Cette protection se fait souvent au détriment de la population locale.
Quand j’arrive à Pilibhit par un soir pluvieux de septembre, un tigre mangeur d’hommes rôde dans les parages. Le mois dernier, il a tué trois personnes en quatre jours. Puis il a trouvé refuge dans un champ de canne à sucre aux environs de Himkarpur où il se terre encore, semble-t-il. Une équipe de gardes forestiers armés de fusils hypodermiques fait le guet à la lisière du champ, mais, à en croire la rumeur, le grand félin leur a échappé.
À Pilibhit, district rural de l’État de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, les tigres ont tué dix-neuf personnes en l’espace de dix mois. À chaque nouvelle victime, la tension est montée entre les villageois endeuillés et les autorités locales. L’Office des forêts est submergé d’appels de personnes disant avoir aperçu un tigre. Un haut fonctionnaire a signalé des empreintes autour de sa résidence, me raconte un garde forestier. Vérification faite, il s’agissait de celles d’un chien, mais tout le monde était paniqué.
Le ministre en chef de l’Uttar Pradesh, Yogi Adithyanath, a pris l’avion pour se rendre à Pilibhit. Ce prêtre...