Un enfant peut rapporter gros

Ryan Kaji vit sur un petit nuage, et ce depuis l’âge de 3 ans. Il en a maintenant 14. Il a 40 millions d’abonnés sur Youtube et peut se flatter d’avoir été vu plus de 63 milliards de fois. Son secret ? Avoir été exposé sur les réseaux par ses parents, qui en ont fait un business. Le kidfluencing, la transformation des enfants en influenceurs, représente aujourd’hui un marché de plusieurs milliards de dollars, dans lequel « la vie privée des enfants devient source de profit », écrit la journaliste Fortesa Latifi. À l’origine, le plaisir de parents innocents à montrer leur progéniture sur les réseaux. Échographie oblige, « en Occident un enfant sur quatre est présent sur les réseaux avant même d’être né », relève The Economist. Une fois qu’ils ont compris le filon, les parents moins innocents peuvent faire fortune. L’enfant ou les enfants sont mis en scène en flux tendu, jusqu’à leur adolescence (on en voit certains ruer dans les brancards). Pour les parents des kidfluencers les plus performants, une vidéo sponsorisée (pour des couches, par exemple) peut rapporter jusqu’à 200 000 dollars. Certains se font jusqu’à 10 millions de dollars par an. D’aucuns en profitent pour faire un peu de prosélytisme. Mère de onze enfants (qui ont tous un prénom commençant par la lettre A), Karissa Collins milite contre la contraception, jugée non chrétienne. L’Église mormone rétribue des kidfluencers. Ryan Kaji est très content, mais des voix s’élèvent pour protéger les enfants contre une pratique pouvant relever de l’abus de pouvoir. Depuis 2025, l’Utah oblige les parents à réserver une part de leurs revenus pour leur enfant.

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Like, Follow, Subscribe de Fortesa Latifi, Gallery Books, 2026

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