Une tête froide dans les étoiles
Publié dans le magazine Books n° 27, novembre 2011.
L’astronomie n’est pas seulement une science, peut-être la plus ancienne de toutes, mais elle a longtemps été considérée comme un art. Les Grecs lui attribuèrent d’ailleurs une muse : Uranie. C’est ce haut patronage que reprit l’Allemand Johannes Bayer en 1603 lorsqu’il publia son Uranometria. Cet ouvrage, qui ressort outre-Rhin dans une luxueuse édition commentée, a révolutionné l’astronomie
L’astronomie n’est pas seulement une science, peut-être la plus ancienne de toutes, mais elle a longtemps été considérée comme un art. Les Grecs lui attribuèrent d’ailleurs une muse : Uranie. C’est ce haut patronage que reprit l’Allemand Johannes Bayer en 1603 lorsqu’il publia son Uranometria. Cet ouvrage, qui ressort outre-Rhin dans une luxueuse édition commentée, a révolutionné l’astronomie, en tentant justement de l’extraire du flou artistique où elle se complaisait. « Il y eut, avant Uranometria, d’autres atlas célestes mais les étoiles n’y comptaient pas pour elles-mêmes. Ils se contentaient de représenter les constellations, l’aspect esthétique dominait », rapporte Günter Paul dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Bayer put s’appuyer sur les observations extrêmement précises faites par ses contemporains, notamment celles du Danois Tycho Brahe.
« À son époque, les étoiles étaient encore désignées en fonction de leur place au sein d’une constellation (par exemple : “l’épaule gauche d’Orion”). » Bayer introduisit une nomenclature plus rigoureuse, recourant à l’alphabet grec et se fondant sur la plus ou moins grande luminosité des étoiles. Elle fait encore autorité.