Entre une journée parfaite et une agréable soirée
Publié en avril 2026. Par Carlos Schmerkin.
Quatre ans avant sa parution en français chez Actes Sud, Books rendait compte des éloges dithyrambiques publiés dans la presse espagnole de Patria, le roman de Fernando Aramburu, à propos de l’ETA, montrant « comment le terrorisme corrompt les êtres qui y ont recours au nom d’un idéal ». Phénomène éditorial, l’œuvre a fait l’objet d’une série en huit épisodes. Voici Maite, cinquième volet d’une fresque consacrée aux Gentes vascas (les Basques). Le roman se déroule à Saint-Sébastien, pendant l’épisode tragique de l’enlèvement puis de l’assassinat, à Biscaye, du jeune conseiller municipal Miguel Ángel Blanco, en juillet 1997. L’ETA laissait 48 heures aux autorités pour accepter de transférer tous ses prisonniers incarcérés dans des prisons espagnoles vers des établissements du Pays basque. L’événement a marqué un tournant dans la perception du terrorisme, accélérant le rejet massif de l’ETA par la société basque et espagnole. L’art d’Aramburu tient à sa faculté de mêler vie quotidienne et drame politique. Il met ici en scène trois femmes, deux sœurs très dissemblables et leur mère, victime d’un AVC. Maite commence par « Une journée parfaite » et se termine par « Une agréable soirée ». Quatre jours au total, au milieu desquels a lieu l’enlèvement et le meurtre. « Le quotidien domine le récit, mais c’est précisément dans ses fissures que fait irruption l’événement historique, filtré par l’omniprésence des médias », relate la philologue Cristina Gimeno Calderero sur le portail Zenda.
Quinze ans après le cessez-le-feu et presque une décennie après la dissolution de l’organisation en 2018, l’empreinte du terrorisme de l’ETA dans le Pays basque et l’Espagne est toujours d’actualité.
