La revue de presse d’ActuaLitté
Débutons avec l’appel commun de cinq organisations de bibliothèques publiques nord-américaines, dont l’Urban Libraries Council. Leur déclaration, publiée le 27 mai, demande aux grands éditeurs et aux plateformes de renégocier l’accès aux ebooks et aux livres audio numériques, jugé trop coûteux, trop temporaire et mal adapté à la hausse des usages. L’écart chiffré résume le déséquilibre : selon la déclaration citée, un lecteur paie en moyenne 13 dollars pour un ebook, quand une bibliothèque dépense couramment 55 dollars, voire davantage, pour une licence de deux ans. Le cas d’Onyx Storm, de Rebecca Yarros, l’illustre : 3300 dollars pour 166 exemplaires imprimés dans une bibliothèque du Colorado, puis 22.000 dollars pour environ 360 exemplaires numériques. L’analyse d’Andrew Richard Albanese dans Words & Money replace ce front commun dans une pression politique plus large.
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La question de l’accès passe aussi par la qualité de l’offre. En relayant une enquête de Vox, ActuaLitté décrit la progression de livres jeunesse générés par IA dans les zones les moins filtrées du marché : autoédition, couvertures issues de prompts, mises en ligne rapides sur plateformes. L’article ne parle pas d’une invasion des librairies, mais d’une pollution diffuse des catalogues numériques. Dans l’album jeunesse, texte, image et rythme construisent une première expérience de lecture. Megan Kearney, artiste et enseignante en illustration jeunesse, souligne que l’IA produit des formes ressemblant à d’autres formes, sans choix conscient. Amazon impose aux auteurs KDP de déclarer les contenus générés par IA, mais l’article relève l’absence d’étiquetage public systématique explicite. Le premier tri reste celui des libraires, bibliothécaires et adultes prescripteurs.
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Cette fonction de médiation se heurte à l’abondance. À partir d’une étude de l’agence AQOA commandée par le Syndicat de la librairie française, avec le soutien du SNE et du ministère de la Culture, ActuaLitté chiffre la hausse de la production française. Hors impression à la demande, autoédition et édition à compte d’auteur, les titres publiés passent de 34.500 en 2000 à 54.200 en 2025, soit +57,1 %. L’étude distingue une croissance forte entre 2000 et 2016, un ralentissement entre 2016 et 2021, puis une baisse de 6,4 % entre 2021 et 2025. Le reflux récent n’empêche pas la concentration : 588 marques éditoriales disparaissent entre 2022 et 2025. Les rééditions résistent mieux que les nouveautés, surtout en littérature, et les données issues de 170 librairies montrent que la part de la production reçue par les libraires reste conséquente.
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La liberté de publier constitue l’autre versant de cette revue. ActuaLitté rapporte que l’Union internationale des éditeurs a dévoilé, au World Expression Forum de Lillehammer, les six finalistes du Prix Voltaire 2026. Créé en 2006 sous le nom de Freedom to Publish Prize, rebaptisé en 2016, le prix fête ses 20 ans et distingue des éditeurs, collectifs ou organisations confrontés à la censure, aux menaces ou aux pressions politiques. La sélection rassemble Dar Al Jundi Publishing en Palestine, El Maraya en Égypte, Freedom Letters en Russie, Gantala Press aux Philippines, KompasGuide en Russie et Sam Yan Press en Thaïlande. La dotation atteint 10.000 francs suisses, soit près de 11.000 euros. Le lauréat sera annoncé à Kuala Lumpur, lors du 35e Congrès international des éditeurs, organisé du 5 au 9 juillet 2026.
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La chaîne du livre affronte enfin une contrainte plus ordinaire : la prudence des lecteurs. ActuaLitté reprend une enquête Buchwert relayée par Börsenblatt auprès de 59 librairies indépendantes allemandes, sur environ 200 membres. Le moral reste solide, avec 37 % de répondants se disant de bonne humeur professionnelle et 45 % plutôt bonne, mais les perspectives de croissance se réduisent. Le bilan 2025 décrit une résistance plus qu’une expansion : 23 % des librairies interrogées déclarent un chiffre d’affaires supérieur à 2024, 33 % un niveau stable, 22 % un résultat d’exploitation en hausse et 38 % stable. Pour 2026, seuls 10 % anticipent une hausse du chiffre d’affaires, quand 41 % prévoient des recettes équivalentes. Entre coût du numérique, tri des catalogues, surproduction, censure et consommation atone, les cinq articles décrivent un accès au livre plus fragile.
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