Le quatuor de Will Self
Publié dans le magazine Books n° 62, février 2015.
Remarquable mais difficile, le dernier opus de l’écrivain britannique se mérite.
En 1971, un psychiatre sort de sa léthargie, en lui administrant une drogue proche du LSD, une patiente plongée depuis cinquante ans dans un état catatonique. Elle se met à raconter sa vie, pendant la Première Guerre mondiale, quand elle travaillait dans une usine de munitions. En 2010, ce même psychiatre se souvient de cette histoire et tente de la reconstituer. Le dernier roman de Will Self prend la forme d’un « flux de conscience ininterrompu, alternant entre trois époques et quatre points de vue, presque sans paragraphes, sans même parler de chapitres », explique Sam Leith de The Observer. En conséquence, « il n’est pas évident de préciser ce qui se passe dans Parapluie, parce que l’ouvrage ne fonctionne pas sur le mode de l’intrigue. Il est agencé comme une prolifération fractale de rimes et de symétries ; une explosion glacée ». Sa facture singulière fait de ce livre, selon Leith, à la fois l’...