Un legs méconnu
Publié dans le magazine Books n° 25, septembre 2011.
Auteur à succès d’un énorme bestseller sur l’année fondatrice des États-Unis, 1776, le presque octogénaire David McCullough se penche sur l’un de ses sujets de prédilection : la manière dont la France et des Français ont façonné l’histoire intellectuelle de son pays.
Auteur à succès d’un énorme bestseller sur l’année fondatrice des États-Unis, 1776, le presque octogénaire David McCullough se penche sur l’un de ses sujets de prédilection : la manière dont la France et des Français ont façonné l’histoire intellectuelle de son pays. Il présente une série de portraits d’Américains qui ont fait le voyage de Paris au XIXe siècle. Beaucoup de personnages oubliés des Français d’aujourd’hui, mais certains restés dans leur mémoire, comme Fenimore Cooper, l’auteur du Dernier des Mohicans, ou encore Samuel Morse, l’inventeur de l’alphabet qui porte son nom et du télégraphe. L’objectif de tous ces Américains (un petit millier dans les années 1830) était de « travailler dur » à s’instruire. On trouve parmi eux Elizabeth Blackwell, la première femme médecin, qui fonda un hôpital à son retour à New York. Harriet Beecher Stowe, l’auteure de La Case de l’oncle Tom, resta une heure en émoi devant Le Radeau de la Méduse : « À ses yeux, aucun tableau aussi puissant n’avait jamais été peint. C’est comme s’il avait justifié à lui seul le voyage », relève Stacy Schiff dans le New York Times.
Une place particulière est réservée au sculpteur new-yorkais Augustus Saint-Gaudens, témoin de la Commune, qui forgea en France la statue colossale en bronze de l’amiral Farragut, héros de la guerre civile américaine, et la fit transporter à New York en 1881. C’est aussi en France que Saint-Gaudens fit la statue du général Sherman, qui trône aujourd’hui à Central Park. « Venir ici a été une expérience merveilleuse, étonnante à bien des égards, l’une des surprises étant de découvrir à quel point je suis Américain », raconte Saint-Gaudens.