Chercheur de folk
Publié dans le magazine Books n° 23, juin 2011.
« Sans Alan Lomax, les Rolling Stones n’auraient pas existé, affirme The Independent. Keith Richards et Mick Jagger ont baptisé leur groupe d’après la chanson du bluesman Muddy Waters, que le musicologue avait découvert et enregistré dans le Mississippi, en 1941. » Cela faisait dix ans à l’époque que cet « ethnomusicologue », collectionneur de sons pour la Bibliothèque du Congrès, sillonnait le sud des États-Unis – souvent au côté de son père John, célèbre folkloriste – dans un van transformé en studio d’enregistrement.
« Sans Alan Lomax, les Rolling Stones n’auraient pas existé, affirme The Independent. Keith Richards et Mick Jagger ont baptisé leur groupe d’après la chanson du bluesman Muddy Waters, que le musicologue avait découvert et enregistré dans le Mississippi, en 1941. » Cela faisait dix ans à l’époque que cet « ethnomusicologue », collectionneur de sons pour la Bibliothèque du Congrès, sillonnait le sud des États-Unis – souvent au côté de son père John, célèbre folkloriste – dans un van transformé en studio d’enregistrement. La ségrégation faisait rage et il essayait de convaincre les musiciens noirs de partager leurs chansons.
Dans la biographie qu’il lui consacre, l’anthropologue John Szwed raconte comment Lomax est parvenu à faire sortir le blues et les ballades traditionnelles des plantations, des juke-joints (ces clubs typiques du Sud américain) et des prisons. Il revient sur sa rencontre décisive avec le guitariste Leadbelly dans un pénitencier de Louisiane. « ému aux larmes » par sa musique, Lomax le mènera au succès […] s’appropriant au passage une partie de ses droits d’auteur. Un épisode controversé sur lequel Szwed ne s’étend pas suffisamment au goût de certains critiques. Tout comme il occulte la mégalomanie du personnage, persuadé, selon un spécialiste cité par le Guardian, que « la culture folk avait besoin d’êtres supérieurs comme lui pour exister ».