Corée du sud – Tout sur ma mère
Publié dans le magazine Books n° 12, mars-avril 2010.
À 46 ans, Shin Kyong-suk figure parmi les écrivains les plus populaires de Corée du Sud. Publié en novembre 2008, son dernier roman, Portée disparue, qui paraîtra bientôt en français, est toujours sur la liste des meilleures ventes à Séoul, un an et demi après sa parution.
Shin Kyong-suk y brosse le portrait tout en nuances d’une mère ordinaire, âgée, atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui quitte sa campagne pour rendre visite à ses enfants dans la capitale et finit par se perdre dans le métro. « Dans chacun des quatre chapitres, sa fille, son fils et son mari prennent successivement la parole pour exhumer leurs souvenirs d’une femme qui s’est sacrifiée pour eux et dont ils comprennent, une fois qu’elle n’est plus là, qu’ils ne l’ont jamais réellement connue, elle, la femme qui se cachait derrière le masque de la mère dévouée », rapporte Chung Ah-young dans le Korea Times.
Acclamé par la critique nationale comme par le public, Portée disparue est, avec plus d’un million d’exemplaires vendus, le plus grand « bestseller sud-coréen de l’année 2009 ». Et l’aventure ne s’arrête pas là : adaptations théâtrale et cinématographique sont prévues courant 2010. Quant aux traductions, elles se multiplient : « Aux États-Unis, en Chine, aux Pays-Bas ou encore en Allemagne, les éditeurs se montrent extrêmement intéressés par ce phénomène, qui a suscité un incroyable engouement de la part de la société coréenne, aussi bien auprès des jeunes femmes âgées de 20 à 30 ans que des hommes d’âge mûr », note le quotidien de Séoul. « Son impact fut tel qu’il a fait de la “mère” le nouveau thème à la mode dans la littérature nationale. »