Bestseller du passé : Le Guépard
Il y a cinquante ans, l’éditeur italien Feltrinelli publiait
Il Gattopardo (
Le Guépard). Le livre rencontra un succès immédiat. L’auteur, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, mort en 1957, n’aura pas joui de cette célébrité posthume. Il n’aura pas davantage été témoin du scandale provoqué par son roman. « Le monde bien-pensant et bourgeois de Palerme fut scandalisé par les opinions qu’exprimait l’un de ses fils », écrit Salvatore Butera dans
La Repubblica. Lampedusa, issu de l’aristocratie sicilienne traditionnelle, brosse en effet le portrait d’une Sicile qui se complaît dans sa propre immobilité.
À l’image de cette réplique de Tancrède (l’opportuniste qui décide de se servir de la révolution garibaldienne pour protéger les intérêts de la noblesse) : « Si nous voulons que tout demeure en l’état, il faut que tout change. »
Publié en 1958, le roman venait s’ajouter à deux autres chefs-d’œuvre siciliens : I
Vicerè (Les Princes de Francalanza) de Federico De Roberto (1894) et
I vecchi e i giovani (Les Vieux et les Jeunes)