Terézia Mora est née et a grandi en Hongrie avant d’émigrer à Berlin. Elle illustre l’une des particularités méconnues de la scène littéraire allemande contemporaine : sa capacité à attirer des auteurs originaires des pays de l’ancien bloc soviétique, qui non seulement se mettent à écrire dans une langue qui n’est pas la leur, mais finissent quelquefois par la maîtriser mieux que les Allemands eux-mêmes… Le dernier roman de Mora a ainsi été couronné du Deutscher Buch Preis, le Goncourt d’outre-Rhin. Elle y raconte le périple d’un veuf qui, après dix mois de prostration, part à travers l’Europe de l’Est, à la recherche de la vérité sur le suicide de sa femme. « Depuis qu’Orphée est descendu aux Enfers, la littérature a le pouvoir de transcender la frontière entre les vivants et les morts », note Hubert Spiegel dans le
Frankfurter Allgemeine Zeitung. Les 600 pages du roman sont divisées en deux parties : en haut, les aventures du veuf, en bas divers documents que celui-ci a trouvés dans l’ordinateur de sa femme et qui nous plongent dans sa spirale dé...