Cixi réhabilitée

L’impératrice Cixi est souvent accusée d’avoir présidé au déclin de la Chine à la fin du XIXe siècle. À tort ?

Le « bateau de marbre » est l’une des splendeurs du palais d’Été, à Pékin. Lorsque les guides le présentent aux touristes, ils ne manquent pas de rappeler que l’impératrice Cixi le fit construire en détournant l’argent qui aurait dû servir à moderniser la marine chinoise. Une malversation qui eut des conséquences catastrophiques : à cause de ses forces navales défaillantes, la Chine est écrasée par le Japon en 1895 et doit lui céder Taïwan et la Corée. De fait, le très long règne de Cixi correspond aux décennies les plus humiliantes de son histoire. Le déclin, amorcé depuis plus d’un siècle, ne peut plus être dissimulé : le retard sur l’Occident éclate brutalement. L’empire du Milieu, secoué par les guerres de l’Opium, la révolte des Taiping puis celle des Boxers, se retrouve à plusieurs reprises au bord de la désintégration. L’histoire, longtemps écrite par des hommes, n’a jamais été tendre avec les femmes, surtout quand elles occupent une position d’autorité. La coupable de la décadence chinoise était donc toute trouvée : cette concubine de second ordre, même...
LE LIVRE
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L’Impératrice Cixi. La concubine qui fit entrer la Chine dans la modernité de Jung Chang, J.C. Lattès, 2015

ARTICLE ISSU DU N°72

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