Le quartier pragois de Nusle n’a rien du pittoresque Malá Strana : loin des ruelles et des maisons de poupée immortalisées par les célèbres
Contes de Jan Neruda, ce quartier périphérique offre à la vue des (rares) visiteurs ses barres d’immeubles tristes, ses murs tagués et ses cafés miteux.
Mais voilà, même moche, même délabré, Nusle a son
genius loci. Ce que montre le livre d’un certain Green Scum, blogueur écrivant sous pseudonyme. Pour l’hebdomadaire
Respeckt, les quatre-vingts histoires tragicomiques du « Punk de Nusle » parviennent à « s’approprier un motif récurrent de la littérature nationale : les personnages dont la trajectoire croise le chemin de la brasserie ». Chez Scum plus encore que chez Neruda, les histoires se racontent ou s’écoutent une chope à la main.
Džujdo – le punk du titre et le narrateur des nouvelles – a beau être ivre du matin au soir, il croque avec talent les habitants de son quartier : les criminels, les entrepreneurs malchanceux, les petits retraités. Et, comme chez Neruda lorsqu’il décrivait la petite bourgeoisie du XIXe siècle, on devine, pointant sous...