Publié dans le magazine Books n° 88, mars/avril 2018. Par Jan Fleischhauer.
Pour le journaliste Jan Fleischhauer, le monde s’est effondré le jour où sa femme l’a quitté. Il raconte avec un humour un peu appuyé la descente aux enfers qui a suivi : dépérissement physique, dépression, crises d’angoisse… Il a pris beaucoup de médicaments. A écrit un livre. Et s’est remarié.
À l’été 2011, je me suis séparé de ma femme. Bon, ce n’est pas tout à fait vrai. C’est ma femme qui s’est séparée de moi, ce qui n’a pas rendu la chose plus facile. Ce fut une expérience traumatisante que je ne souhaite pas à mon pire ennemi. Aujourd’hui encore, il m’arrive de me réveiller la nuit en sursaut en m’imaginant que tout recommence.
J’ai beaucoup aimé ma femme, une part de moi-même l’aime sans doute toujours. Je pensais que nous resterions ensemble jusqu’à la fin de nos jours, malgré les difficultés que pouvait rencontrer notre couple. Aujourd’hui, nous vivons dans des villes différentes : elle à Francfort, moi à Munich, aussi éloignés l’un que l’autre de notre ancien appartement berlinois, qui appartient désormais à une gentille vieille dame dont je ne sais rien, sinon que son oncle était l’humoriste Vicco von Bülow, que la plupart des gens connaissent sous son nom d’artiste, Loriot.
Pour beaucoup, un divorce représente la plus grosse catastrophe qu’ils connaîtront dans leur vie. Simplement, comme moi au début, ils n’en ont...