L’amour aux temps de l’arthrose

« Dans les romans comme dans la vie, les hommes âgés convoitant de jeunes beautés constituent un genre inépuisable. Peu d’écrivains, en revanche, se demandent si une femme de 70 ans devrait toujours s’adonner aux plaisirs de la chair. Ils prennent encore moins la peine d’imaginer à quoi pourraient ressembler ces plaisirs », écrit Alexandra Schwartz dans le New Yorker. Est-ce cette rareté qui donne aux nouvelles d’Arlene Heyman leur goût délicieusement subversif ? Peignant des couples âgés de 65 à 99 ans, la psychiatre new-yorkaise parle sans fard du corps qui vieillit : « Les papules et papillomes, taches et grains de beauté », les peaux parcheminées qui font penser à des tableaux de Lucian Freud, les adjuvants, médicaments et autres lubrifiants qui peu à peu constituent l’incontournable logistique de la jouissance. « Le sexe peut être pour les personnages d’Heyman source d’isolement, d’excitation, de fureur ; il est tantôt satisfaisant, tantôt non ; tantôt passionnément spontané, tantôt gentiment prosaïque […]. Autrement dit, il est comme pour beaucoup de gens, indépendamment de leur âge : un lien fluctuant entre deux êtres engagés dans ce labeur quotidien qui consiste à mener une vie commune. »
LE LIVRE
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L’effrayante sexualité des gens âgés de Arlene Heyman, Bloomsbury , 2015

ARTICLE ISSU DU N°77

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