L’Élégance du hérisson, de Muriel Barbery, est traduit dans une trentaine de langues. Dans le
New York Times,
Caryn James fait la moue. L’auteur « flatte ses lecteurs avec un vernis
intellectuel ». Les courts chapitres sont « plus des essais que de la
fiction ». Et truffés de références. Renée, la concierge, assène un
« mini-traité de phénoménologie ». Curieusement, l’auteur ne fait pas
référence au livre d’Isaiah Berlin sur Tolstoï,
Le Hérisson et le Renard,
où les penseurs sont répartis en deux catégories : les renards qui,
comme Renée, collectionnent des idées sans lien entre elles; et les
hérissons, animés par une vision unificatrice. Caryn James craint que
ce livre renforce les stéréotypes sur les Français avec leur béret,
leur baguette et leur philosophie.
Muriel Barbery, The Elegance of the Hedgehog, Europa Editions, 2008.