Le livre de demain est arrivé !

Dans la chronique de la mort annoncée du livre, l’ouvrage « augmenté » ou « enrichi », l’enhanced book des Anglo-Saxons fait figure de coupable idéal. Car ce nouvel avatar du livre électronique contient non seulement du bon vieux texte, mais aussi de la photo, de la vidéo, de la musique, ainsi que des liens vers des sites Internet ou, via Facebook, vers d’autres lecteurs, voire l’auteur en personne. Le meilleur exemple en est le dernier ouvrage d’Al Gore, Our Choice

Dans la chronique de la mort annoncée du livre (lire « Les raisons du pessimisme »), l’ouvrage « augmenté » ou « enrichi », l’enhanced book des Anglo-Saxons fait figure de coupable idéal. Car ce nouvel avatar du livre électronique contient non seulement du bon vieux texte, mais aussi de la photo, de la vidéo, de la musique, ainsi que des liens vers des sites Internet ou, via Facebook, vers d’autres lecteurs, voire l’auteur en personne. Le meilleur exemple en est le dernier ouvrage d’Al Gore, Our Choice, le premier à exploiter toutes les ressources de l’iPad et de l’iPhone d’Apple, rapporte le Huffington Post : un livre « qui parle, bouge, s’enroule et se replie sur lui-même, qui contient de la vidéo, de l’infographie interactive, des cartes, et bien d’autres choses encore, le tout en parfaite osmose avec le texte, de façon à donner vie aux concepts qu’il énonce ». Ainsi peut-on, en soufflant dans le micro de la tablette, mettre en marche « les pales d’une éolienne, qui produit de l’électricité éclairant une maison », et visualiser le fonctionnement du système.

Bien sûr, certains déploreront la fin de la traditionnelle lecture linéaire. Affolement qui s’apparente, comme l’écrit Adam Gopnik dans le New Yorker, à la crainte suscitée par l’apparition du grille-pain électrique, dont on disait qu’il sonnerait « le glas du petit déjeuner à l’ancienne » ! Mieux vaut garder la tête froide et s’interroger sur le fait – réellement préoccupant, lui – que Our Choice soit vendu comme une application iPad plutôt que comme un livre. Car la tablette d’Apple est en passe de devenir le grand réceptacle de cette nouvelle littérature électronique. Ce qui ne va pas sans poser des problèmes commerciaux, tarifaires, et même de censure : l’auteur américain du roman policier intitulé Knife Music (« La musique du couteau »), David Carnoy, autopublié sur iPad, s’est vu dans l’obligation de supprimer toutes les occurrences du mot « fuck » dans son récit. Aujourd’hui revu et corrigé, l’ouvrage compte parmi les plus gros succès d’autopublication numérique.

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ARTICLE ISSU DU N°26

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