Le Soljenitsyne nord-coréen

Il a adopté le pseudonyme de Bandi, qui signifie « luciole », mais on le surnomme aussi « le Soljenitsyne nord-coréen ». Son vrai nom reste bien entendu un mystère, car cet ­auteur continue à vivre sous la dictature la plus oppressive de la planète. C’est dire la valeur inouïe du recueil de nouvelles qu’il a réussi à faire exfiltrer de son pays. Elles décrivent un quotidien auquel nous n’avons jamais accès et qui, comme l’explique Barbara Zitwer, l’agent de Bandi, dans un article du Guardian, évoque « nos pires cauchemars ». Voici une femme qui tente de préparer un petit déjeuner pendant une famine, un directeur d’usine qui voudrait éviter de dénoncer un ami tout en restant dans les bonnes grâces du parti, une mère de ­famille qui, parce qu’un gigantesque portrait de Marx effraie son bébé, va commettre un geste fatal : en obstruer la vue par un store. La construction classique de ces nouvelles rappelle Gogol et Tchekhov, leur goût de la satire par l’absurde, ­Ionesco et Boulgakov. Une réussite d’autant plus remar­quable que, comme le note l’éditrice...
LE LIVRE
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La Dénonciation de Bandi, Éditions Philippe Picquier, 2016

ARTICLE ISSU DU N°76

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