Ils se livraient une concurrence féroce ; ils se souciaient de leur image ; ils pouvaient aussi gagner beaucoup d’argent. « Ils » ? Les « rivaux de Rembrandt », qui donnent son titre à l’étude de l’historien de l’art Eric Jan Sluijter. Richement illustré, ce livre publié en anglais chez un éditeur néerlandais ressuscite l’Amsterdam du milieu du XVIIe siècle. La ville comptait alors entre cent et cent soixante-quinze artistes officiellement en activité – un chiffre considérable. La concurrence obligeait ces peintres à se démarquer en optant pour un genre donné (le portrait, les paysages, les scènes de mythologie, les fresques historiques ou religieuses). Et le talent seul ne suffisait pas. Pour réussir, un artiste devait soigner ses relations et veiller à sa réputation. D’après le
NRC Handelsblad, « Sluijter adopte dès le départ un point de vue intéressant, affirmant que ces hommes faisaient des choix conscients sur tous les plans. La peinture était une profession, un artisanat, avec des produits, un marché et, surtout, des stratégies de vente ». Rembrandt faisait exception, qui privilégia l’originalité et n’hésita pas à délaisser certaines commandes. Il mourut ruiné, oublié...