À l’ère des entretiens minutés, l’art de faire le portrait d’une célébrité s’est mué en une « éjaculation précoce qui doit vous satisfaire en dix à quinze minutes maximum, dans une chambre à l’atmosphère aseptisée et selon des règles bien ficelées », souligne la journaliste Leila Guerriero dans sa préface au livre de Felipe Restrepo Pombo. Directeur de l’hebdomadaire mexicain
Gatopardo, Restrepo Pombo défend un journalisme exigeant privilégiant les enquêtes fouillées. Ce recul, le journaliste a voulu l’appliquer aux « seize portraits excentriques » qui donnent leur titre à son livre. Seize personnalités qu’il a patiemment amadouées afin de les mettre, autant que possible, à nu. De feu la critique Susan Sontag (qui détestait écrire des essais) au pape de la cuisine moléculaire Ferran Adrià en passant par Ingrid Betancourt, Clint Eastwood ou Michel Houellebecq (« Un homme tourmenté, qui ne ferait pas de mal à une mouche »), l’auteur cherche la vérité derrière le masque. Une bouffée d’oxygène à une époque « obsédée par la célébrité », lit-on dans le quotidien colombien
El Tiempo.