L’exposition que consacre le Mémorial de la Shoah à la vie et à l’œuvre d’Irène Némirovsky reprend en partie celle qui fut présentée à New York il y a deux ans par le Museum of Jewish Heritage. Comme cette dernière, elle donne à voir des pièces de choix, dont le manuscrit du roman posthume
Suite française (prix Renaudot 2004), qui a renouvelé l’intérêt pour cette romancière juive très populaire dans la France de l’entre-deux-guerres, morte à Auschwitz en 1942.
Les organisateurs de l’exposition parisienne ont sans nul doute à l’esprit les critiques exprimées outre-Atlantique lorsqu’ils soulignent dans le livre qui accompagne l’exposition (
Irène Némirovsky, un destin en images, Denoël) leur volonté de « faire de cet événement un moment suffisamment intense pour que […] puissent s’ouvrir des débats sur l’ensemble des questions soulevées par un itinéraire aussi singulier et une œuvre désormais aussi importante ».
Aux États-Unis, l’exposition avait cristallisé la polémique autour du caractère jugé antisémite de cette œuvre. Soulignant notamment les relations de...