Qui a peur de la troisième guerre mondiale ?
Publié en avril 2026. Par Olivier Postel-Vinay.
La prochaine guerre mondiale n’aura pas lieu, dirait peut-être Giraudoux ; c’est ce que d’excellents esprits pensaient à la veille de la première, puis à la veille de la seconde. Journaliste à l’agence Reuters et ancien officier de réserve de l’armée britannique, auteur d’un précédent ouvrage consacré à l’OTAN, Peter Apps évalue la probabilité qu’une guerre mondiale survienne dans la prochaine décennie à 30-35 %. Sur un site de l’armée britannique, le major Luke Turrell juge le livre bien informé : l’auteur « a eu accès aux gens qui comptent, écrit-il, ce dont témoigne le gros appareil de notes ». Il en profite pour attirer l’attention sur une enquête internationale menée chaque année par Reuters, qui relève une forte progression de l’attitude des citoyens du monde consistant à éviter d’écouter ou regarder les nouvelles, afin de se protéger. La proportion de ceux qui disent le faire quelquefois ou souvent est passée en moyenne de 29 % à 40 % entre 2017 et 2025. Le chiffre est de 46 % au Royaume-Uni, 42 % aux États-Unis, 36 % en France. La première raison invoquée, surtout chez les jeunes, est que les nouvelles ont un impact négatif sur leur état d’esprit.
Le risque principal, estime Peter Apps, tient ces temps-ci à la personnalité plus ou moins loufoque des leaders des grandes puissances. L’exercice est facile mais la réalité troublante. Durant le Covid, Vladimir Poutine a commis un texte exhumant un chef viking du IXe siècle pour expliquer la nécessité d’annexer l’Ukraine. Âgé alors de 38 ans, un magnat de l’immobilier du nom de Donald Trump déclara qu’on devrait lui confier le soin de mener les négociations nucléaires avec l’Union soviétique : « Cela me prendra une heure et demie pour savoir tout ce qu’il faut savoir sur les missiles, et je crois bien que j’en sais déjà l’essentiel », a-t-il déclaré.
Des raisons d’espérer ? Poutine n’est pas immortel, tempère The Economist. Trump non plus, d’ailleurs.
