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Walt Whitman, le démocrate - Books

Walt Whitman, le démocrate

Auteur du chef-d’œuvre poétique Feuilles d’herbe, Walt Whitman fut aussi un fervent défenseur des idéaux de la jeune République américaine.

Célébré pour ses poèmes, Walt Whitman s’est également penché avec passion sur les questions politiques. La parution de ses Perspectives démocratiques, traduites pour la première fois en français, est l’occasion de découvrir cet aspect peu connu de son œuvre.

Sorti en 1876, l’ouvrage rassemble des chroniques parues au cours de la décennie qui suivit la guerre de Sécession. À l’arrivée, l’impression qui domine est celle d’un joyeux désordre : « Whitman ne s’embarrassait pas de considérations aussi triviales que la clarté, la cohérence et la structure », s’amuse David Brooks dans le mensuel The Atlantic. Ce qui ne l’empêche pas de saluer dans ce livre « notre plus brillant sermon politique », un manifeste qui reflète « l’énergie exubérante de la société américaine » et « saisit, dans son désordre même, à la fois les plus hautes aspirations et les réalités sordides de la vie quotidienne ». Car Whitman ne cesse d’hésiter entre optimisme débridé et réalisme amer, selon qu’il envisage l’avenir ou observe ses contemporains.

D’un côté, il affirme sa foi dans l’idéal démocratique, promesse d’un monde débarrassé des anciens rapports de sujétion. Il loue les qualités morales du peuple américain et prophétise l’apparition de citoyens authentiques, véritables « athlètes de la liberté », qui mettront leur énergie au service de nobles causes. Fidèle à sa fibre populiste, note Brooks, il redoute que « l’aisance matérielle, la mode, le confort, la modestie et la civilité ne favorisent “l’inertie et la fossilisation” de ses compatriotes » et prône au contraire « l’esprit et la vivacité sous toutes leurs formes, même vulgaires ». Enfin, il rêve de voir émerger en Amérique une nouvelle génération d’écrivains, capables de doter leur nation d’« une âme à la mesure de sa puissance politique et économique ».

D’un autre côté, il juge sévèrement les classes moyennes, revenues à leurs occupations frivoles une fois retombé l’héroïsme des années de guerre. Relatant l’une de ses promenades dans les rues de New York, il décrit les sentiments d’« exaltation » et de « plénitude absolue » que lui inspire le spectacle animé de la ville. Mais le répit est de courte durée : « Dès le paragraphe qui suit, il sombre à nouveau dans l’amertume, incapable de trouver autour de lui des hommes dignes de ce nom, ou des arts dignes d’appréciation. » Au point de rejoindre, sur certains points, les diatribes de l’historien britannique conservateur Thomas Carlyle, qui avait publié en 1867 un pamphlet contre la démocratie, responsable selon lui d’une dégradation morale et culturelle de l’humanité.

Mais la sensibilité démocratique de Whitman l’empêchait de céder tout à fait au désenchantement. « Contrairement à la plupart des critiques de son temps, souligne David Brooks, il n’était pas snob » et « son affection pour ses compatriotes, tels qu’ils vivaient autour de lui, l’emportait toujours ».

LE LIVRE
LE LIVRE

Perspectives démocratiques de Walt Whitman, le démocrate, Belin

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