La déroute sans la défaite
Publié dans le magazine Books n° 57, septembre 2014.
Même les chevaux des maréchaux furent mangés. Un récit de la terrible campagne de Napoléon en Russie.
L’armée avec laquelle Napoléon envahit la Russie constituait la plus importante concentration de troupes que le monde ait vue jusqu’alors. Mais sur les 400 000 hommes qui franchirent le Niémen le 22 juin 1812, seuls 20 000 étaient encore vivants six mois plus tard. Dans 1812, Adam Zamoyski raconte cette déroute d’autant plus spectaculaire que les Russes ne parvinrent jamais à vaincre l’empereur des Français sur un champ de bataille. « Le sujet de Zamoyski, c’est la guerre vécue, son quotidien, son histoire sociale, les conditions géographiques, climatiques, techniques, logistiques, hygiéniques, médicales et humanitaires dans lesquelles elle se déroula. La diplomatie et la stratégie ne constituent que les cadres de son histoire », rapporte Gustav Seibt du Süddeutsche Zeitung. Zamoyski s’appuie sur les récits de fantassins ordinaires qui vécurent la désintégration de la Grande Armée de l’intérieur. Du reste, à la fin de la campagne, même des maré...