La J.K. Rowling chinoise

Adulée des enfants du pays, qu’elle veut libérer des pressions familiales et scolaires, Yang Hongying fait aujourd’hui son entrée sur le marché américain.

Pour avoir vendu plus de quarante millions d’exemplaires depuis la sortie en 2000 de Nüsheng Riji (« Journal de fille »), Yang Hongying est aujourd’hui surnommée la « J. K. Rowling chinoise ». Son succès et son influence auprès des jeunes lecteurs du pays font d’elle l’un des écrivains les plus riches de Chine. Elle est aussi « la première Chinoise écrivant pour la jeunesse à pénétrer sur le marché américain », rapporte le China Daily à l’occasion de l’achat par HarperCollins des droits pour ses ouvrages en version bilingue. Avec une cinquantaine de titres à son actif, dont sept sont déjà traduits en français aux éditions Philippe Picquier, Yang Hongying intéresse de plus en plus le monde de l’édition internationale.

Pour l’éditeur Zheng Zhong, interrogé par le China Daily sur les raisons de ce phénomène, « cette femme a ouvert une nouvelle ère dans l’histoire de la littérature pour la jeunesse ». Fait nouveau en Chine, ses livres mettent en effet l’accent sur « la confiance en soi et l’importance de la communication entre adultes et enfants ». Ancienne institutrice, Yang Hongying a très tôt pris conscience « de l’importance excessive accordée à la discipline dans l’enseignement chinois et de l’absence de pédagogie », rapporte la critique littéraire Mei Jia dans les colonnes du China Daily. « Elle revendique le droit au bonheur pour les enfants et veut les libérer des pressions familiales et scolaires très lourdes qui pèsent sur eux. »

Loin de faire le portrait d’enfants modèles ou de premiers de la classe, Yang Hongying crée des personnages d’autant plus attachants qu’ils sont ordinaires et imparfaits. Ainsi l’« espiègle Ma Xiaotiao » (« Toufou » en français), le héros d’une série de dix-huit nouvelles contant la vie insouciante d’un groupe de garçons pas très sages et de leurs relations pas toujours simples avec la famille, les instituteurs et les camarades de classe. « Ma fait des erreurs et mûrit en les reconnaissant et en les réparant », explique l’auteur elle-même dans l’entretien qu’elle accorde au China Daily.

Yang Hongying ne crée pas de mondes fantastiques à la Harry Potter, mais aide ses jeunes lecteurs à « faire face aux moments de tristesse et à trouver les moyens d’atténuer leurs peines enfantines », conclut Tan Xudong, spécialiste de la littérature jeunesse. « Elle comprend parfaitement ce qu’ils ressentent, et écrit de leur point de vue », explique-t-il au China Daily. Pour la directrice des éditions HarperCollins, ces petits albums ont une portée largement universelle.

LE LIVRE
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Journal de fille de La J.K. Rowling chinoise, Zuojia Chubanshe

ARTICLE ISSU DU N°20

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