La morale d’Hollywood
Publié dans le magazine Books n° 20, mars 2011.
Stanley Cavell décortique le perfectionnisme moral du cinéma américain des années 1930-1940.
À quelle condition une vie est-elle réussie?? Stanley Cavell, philosophe spécialiste d’esthétique, affronte à son tour ce vieux problème dans un livre où la tradition philosophique dialogue avec l’histoire du cinéma. Écartant les réponses proposées par Kant et l’utilitarisme classique, Cavell opte pour le « perfectionnisme moral », conception dérivée de la morale aristotélicienne, qui voit dans l’amitié et le développement de nos facultés deux conditions nécessaires d’une vie accomplie. Il en retrouve des échos dans certaines productions hollywoodiennes des années 1930 et 1940, comme Indiscrétions, New York-Miami, ou L’Extravagant Mr. Deeds.
Pour Cavell, commente le Houston Chronicle, « ces films mettent en scène les choix moraux cruciaux des personnages, qui sont aussi les nôtres : “Comment doivent-ils vivre leur vie?? Quel type de personne souhaitent-ils devenir??” ». Mais l’approche laisse le critique littéraire du quotidien texan quelque peu perplexe : au fond, « Cavell s’efforce de donner à ces films plus de signification qu’ils n’en ont ».