L’anglais, langue française (suite)

« i ramme cum toto apparatu excepta i drawying corda que frangitur et devastatur, i fryingpanne… »

La langue de Molière est de nos jours défaite par celle de Shakespeare plus sûrement encore que les chevaliers français par les archers anglais d’Azincourt, et, sur le Web, l’anglais pèse presque dix fois plus lourd que le français. Mais il n’en a pas toujours été ainsi : au Moyen Âge, les Anglais parlaient français (voir « L’anglais, langue française », Books, n° 18, décembre 2010-janvier 2011, p. 74-77). Et l’influence de notre langue sur la leur était même un vif sujet d’inquiétude, patriotique autant que morale. Car, pensait-on à Londres au XVIIIe siècle, la souplesse et la ductilité du français trahissaient celles de nos mœurs. Dans un livre abondamment commenté, Ardis Butterfield a étudié de près, et longuement, le mécanisme par lequel Guillaume le Conquérant instaura au XIe siècle la domination de ses barons et de sa langue sur le peuple anglais. Une banale conquête militaro-linguistique, donc ? Non. Car, comme le remarque la médiéviste Helen Cooper dans la London Review of Books, « il ne semble pas...
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Un ennemi familier. Chaucer, la langue, et la nation pendant la guerre de Cent Ans de L’anglais, langue française (suite), Oxford

ARTICLE ISSU DU N°21

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