Triste retour à Calcutta
Publié dans le magazine Books n° 61, janvier 2015.
Un écrivain indien revient dans sa ville natale. Déception : les signes du déclin de la capitale culturelle de l’Inde sont partout.
En Occident, le nom de Calcutta évoque immédiatement celui de mère Teresa, et convoque des images de misère noire. Mais le cliché ne rend guère justice à cette métropole bouillonnante de 15 millions d’habitants, traditionnellement cosmopolite, et connue pour son dynamisme culturel. Dans les années 1960 et 1970, rappelle Ian Johnson dans le Telegraph, « Calcutta était sans nul doute la ville la moins xénophobe et la plus tolérante du Bengale : l’influence des marchands hollandais, arméniens, français et portugais se reflétait dans l’architecture de la ville et dans le dialecte bengalo-britannique qu’on parlait dans les rues. » C’est à cette Calcutta oubliée, sa ville natale, que l’Indien Amit Chaudhuri rend hommage dans son dernier livre, fruit d’un séjour de deux ans dans la métropole, de 2011 à 2013. L’écrivain, qui vit maintenant au Royaume-Uni, offre un récit à la première personne volontiers intimiste, sur lequel se greffent...