À première vue, avec
Country Driving, Peter Hessler a entrepris de livrer le récit épique et vaguement condescendant des aventures d’un automobiliste américain dans la jungle de l’asphalte chinois. À seconde vue, « Dieu merci, il n’en est rien », se réjouit Jonathan Mirsky dans la
Literary Review. Car, dans un pays-continent qui construit des milliers de kilomètres de routes et d’autoroutes chaque année, rouler est d’abord une excellente manière de raconter la modernisation radicale qui bouleverse les paysages, les mentalités et les modes de vie. Avec une brutalité difficilement imaginable.
Au fil de rencontres de hasard ou d’affinités, Peter Hessler raconte l’hallucinant bouillonnement d’un peuple ivre de son propre développement, par la voix d’individus ordinaires qui en jouissent et le subissent à la fois. Le correspondant du
New Yorker s’arrête ainsi à Lishui, une petite ville industrielle du sud-est de la Chine, où les migrants se bousculent pour trouver du travail. C’est l’histoire d’un pays où l’on dessine les plans d’une usine de 21 000 mètres carrés, du sol au plafond, en une...