Mahfouz inédit
Publié dans le magazine Books n° 63, mars 2015.
Plus de trente ans après sa parution, un récit tardif et novateur du grand écrivain égyptien est enfin traduit.
En 1988, lorsque le prix Nobel de littérature fut décerné à l’Égyptien Naguib Mahfouz, l’universitaire Muhammad Siddiq rapporta, dans le Los Angeles Times, les propos que lui avait tenus l’année précédente, au Caire, un écrivain de la nouvelle génération : « Avant de s’asseoir pour écrire quelque chose, tout jeune auteur doit s’assurer que Mahfouz ne l’a pas déjà écrit. Et s’il est chanceux et que Mahfouz ne l’a pas déjà écrit, ce n’est pas une garantie qu’il ne va pas le faire avant que le jeune auteur ait fini. » Mort en 2006, celui-ci fut l’un des écrivains les plus prolifiques du XXe siècle (plus de cinquante romans et recueils de nouvelles à son actif). « Pour avoir une idée de sa contribution à la littérature arabe, il suffit de se rappeler que le roman était pratiquement...